—Tu es délivré! répondit la blanche advenue en élevant une petite croix d’or vers les cieux remplis d’étoiles, devant le regard de celui qui ne parlait plus.
Après un grand silence et, comme elle demeurait ainsi devant lui, les yeux fermés et immobile, en cette attitude:
—Au revoir, Héléna! murmura celui-ci dans un profond soupir.
Lorsque après une heure d’attente les serviteurs se rapprochèrent, ils aperçurent la jeune fille à genoux sur le sable et priant auprès de leur maître.
—Le duc de Portland est mort, dit-elle.
Et, s’appuyant à l’épaule de l’un de ces vieillards, elle regagna l’embarcation qui l’avait amenée.
Trois jours après, on pouvait lire cette nouvelle dans le Journal de la Cour:
«—Miss Héléna H***, la fiancée du duc de Portland, convertie à la religion orthodoxe, a pris hier le voile aux carmélites de L***.»
Quel était donc le secret dont le puissant lord venait de mourir?
Un jour dans ses lointains voyages en Orient, s’étant éloigné de sa caravane aux environs d’Antioche, le jeune duc, en causant avec les guides du pays, entendit parler d’un mendiant dont on s’écartait avec horreur et qui vivait, seul, au milieu des ruines.