Et, au bas de cette page qui devait coûter à la patrie tant de nouveaux flots de sang français, deux vastes provinces, sœurs parmi les plus belles! l’incendie de la sublime capitale et une rançon plus lourde que le numéraire métallique du monde—sur la cire pourpre où la flamme palpitait encore, éclairant, malgré lui, les fleurs de lys d’or à sa main républicaine—Jules Favre, en pâlissant, imprima le sceau mystérieux où, sous la figure d’une Exterminatrice oubliée et divine, s’attestait, quand même! l’âme—soudainement apparue à son heure terrible—de la Maison de France.
Le Tzar et les grands-ducs
1880.
Le couronnement prochain du Tzar me remet en mémoire un ensemble de circonstances dont la mystérieuse frivolité peut éveiller, en quelques esprits, la sensation d’une de ces correspondances dont parle Swedenborg. En tout cas, il en ressort que la réalité dépasse, quelquefois, dans le jeu fantaisiste de ces coïncidences, les limites les plus extrêmes du bizarre.
Pendant l’été de 1870, le Grand-duc de Saxe-Weimar offrit au tzar Alexandre II un festival artistique. Plusieurs souverains de l’Allemagne furent invités. C’était, je crois, à l’occasion d’un projet d’alliance entre une princesse de Saxe et le grand-duc Wladimir, frère du tzaréwitch.
Le programme comprenait une fête à Eisenach—et l’exécution des principales œuvres de Richard Wagner sur le petit théâtre, très en renom d’ailleurs, de Weimar.
Arrivé à l’Hôtel du Prince, la veille de la fête, je me trouvai placé, le soir, à table d’hôte, en face de Liszt—qui, sablant le champagne au milieu de sa cour féminine, me parut porter un peu nonchalamment sa soutane.—A ma gauche, gazouillait une jeune chanoinesse de la cour d’Autriche douée d’un petit nez retroussé—très en vogue, paraît-il—mais, en revanche, d’une de ces vertus austères qui l’avait fait surnommer Sainte-Roxelane.
Autour de la table courait madame Olga de Janina, la fantasque tireuse d’armes; nous étions entre artistes, on faisait petite ville.