C'était un vieux domestique. Le prince Forsiani le dévisagea d'un coup d'œil et parut content de son ensemble.
—Nos chevaux! bien vite! dit le comte.
Quelques minutes après, ils s'arrêtaient devant un de ces grands palais près de l'Arno; les portes s'ouvrirent comme devant des gens attendus, et ils montèrent les degrés de l'immense escalier de marbre...
[CHAPITRE IV.]
Premier aspect de Tullia Fabriana.
«Le solitaire est entouré de tout ce qui agrandit sa raison, l'élève au-dessus de lui-même et lui donne le sentiment de l'immortalité, tandis que l'homme du monde ne vit que d'une vie éphémère. Le solitaire trouve dans sa retraite une compensation à tous les vains plaisirs dont il se prive, tandis que l'homme du monde croit tout perdu s'il manque de paraître à une assemblée, néglige un spectacle.»
(Zimmermann, la Solitude.)
En supposant que la femme dont les allures préoccupaient le prince Forsiani fût morte au moment où il en parlait au comte d'Anthas, voici ce qu'il aurait été possible à un observateur de résumer au sujet de l'existence de cette personne, s'il eût désiré lui consacrer une notice biographique à l'usage universel:
«Tullia Fabriana était du nombre de ces grands esprits, types supérieurs, constitués par la précoce expérience des événements, de la méditation et du monde.
»Ceux-là, de bonne heure, avant d'être aperçus, avant d'être entraînés dans le courant, se rendent compte de l'existence et, par conséquent, ont le temps de replier en eux-mêmes leurs grandes ailes pour n'en point porter ombrage aux autres. A force de reconstruire et de sonder les faits, elle s'était dégoûtée de l'action.