Le diplomate, connaissant le monde, se demandait avec inquiétude: «Lui serait-il absolument indifférent?» Mais il ne s'arrêta pas à cette idée.
A ce moment, une charmante jeune fille, vêtue d'un costume grec, entra, posa sur une table un plateau de vermeil chargé de liqueurs à la neige et se retira sans bruit.
—Acceptez-vous?... dit gracieusement Fabriana.
On refusa par un mouvement de la main.
—Ainsi, continua-t-elle, vous pensez, Monseigneur, que, par exemple, notre cher tyran, M. de Habsbourg, interviendrait si le juif dont vous parliez se trouvait bien élevé?
—Les rois ne sont-ils pas tenus de prendre de l'intérêt les uns pour les autres? répondit le prince, assez surpris de cette insistance.
—Oh! je suis de l'avis de tout le monde là-dessus!...
—Permettez, c'est n'en pas avoir, marquise.
—Mais c'est avoir celui de tout le monde, dit-elle.
Forsiani regarda Wilhelm, auquel échappa, comme il était un peu jeune et qu'il ne faisait qu'admirer en ce moment, une partie de cette puissante réponse.