[CHAPITRE XI.]
Aventures chevaleresques.

«Vous les reconnaîtrez par leurs fruits.»

C'était par cette petite porte du pavillon que Tullia Fabriana sortait souvent, de nuit, vêtue en cavalier, l'épée à la hanche et le masque sur le front.

Toujours seule.

Sous ses vêtements elle portait une cuirasse d'acier d'une légèreté sans pareille: c'était l'ouvrage de l'un des vieux artistes du XVIe siècle qui réussissaient une fois un chef-d'œuvre d'armurerie et de ciselure. L'un de ces inconnus, qui trempaient des dentelles damasquinées, avait également travaillé la fine et puissante cotte de mailles qui l'emprisonnait depuis les pieds jusqu'à la gorge.

Ses gantelets étaient tramés avec un dur filet d'airain merveilleusement caché sous la soie. Son feutre, d'où s'échappaient de fausses boucles de cheveux noirs, avait, à l'intérieur, une visière en treillis d'acier qui se relevait et s'abaissait suivant son bon plaisir.

Elle ne semblait nullement gênée dans ce costume; elle marchait vite, le manteau rejeté sur l'épaule, comme un chevalier. Les rares passants, malgré son allure modeste, s'écartaient presque toujours de son chemin, sans savoir pourquoi.

Que signifiaient ces ajustements? Était-ce l'amour des aventures? Mais non: elle n'était point femme à commettre de ces folies.