En quelques minutes, ayant ressaisi ma valise à bord du Véloce, je courus à l’embarcadère du steamer La Vigilante, dont sonnait la cloche de départ pour la France.

Trois jours après, de retour en ma chère et tranquille maison des bords de la Marne, les pieds dans mes pantoufles, assis dans mon fauteuil et enveloppé dans ma paisible robe de chambre, je rouvrais mes livres de métaphysique allemande, me trouvant l’esprit suffisamment reposé pour remettre, à une époque indéfinie, tous projets de nouvelles incursions récréatives à travers les « contingences du Monde-phénoménal. »

LES EXPÉRIENCES DU Dr CROOKES

Comme ces enfants qui voulaient sauter au-delà de leurs ombres...

Plutarque.

A Monsieur Henry La Luberne.

La prochaine apparition du livre de William Crookes, La Force psychique, produira, certes, une durable sensation de stupeur dans les deux mondes.

On sait que l’illustre docteur anglais est l’un des plus puissants et des plus méthodiques savants de ce siècle. Il a surpris une loi de la Nature, la Matière à l’état radiant, découverte qui, reculant les bornes de l’investigation positive, ouvre toute une région de lumière à l’Ecole expérimentale.

De plus, dans toutes les branches du savoir humain, une telle quantité de découvertes ou d’inventions sont à son acquit, depuis le thallium jusqu’au radiomètre, qu’il est l’unique sommité dont l’admission, d’emblée, à la Société Royale (sorte d’Académie des Sciences de l’Angleterre) ait été votée à l’unanimité, avec dispense du stage de rigueur. A l’estime de la plupart des hommes de science, l’œuvre et le génie de William Crookes égalent ceux d’Isaac Newton ; la place de son monument funèbre est marquée d’avance à Westminster.

L’ouvrage annoncé doit résumer plusieurs années d’expériences de l’ordre le plus extraordinaire.