Une seule scène est d'un écrivain, dans ce mélodrame: c'est la grande scène du troisième acte.
Quant au reste de l'action, j'ai eu l'honneur de n'y rien comprendre, et il est inutile de faire partager au lecteur cette manière de voir.—La chose m'a paru un triste mélange de criailleries, de banalités et de puérilités inconcevables. Mais je livre cette appréciation avec la plus grande humilité; je suis un fort mauvais juge de ces sortes de pièces. Etant donné leur horizon, je ne distingue plus, au bout de dix minutes, les personnages les uns des autres; et il y a des moments où je confonds M. Got avec Madame Lafontaine.
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Une seule impression domine certains esprits au dénouement de la pièce. C'est celle que cause le vénérable père noble.
Le drôle ferait rougir d'être au monde.
Je ne connais pas de dégoût comparable à celui que m'inspirent ses cheveux blancs. C'est vraiment le monstre, le bourreau oiseux, l'Ennemi, celui qui mérite la mort et le haussement d'épaules.
Quelle infernale et suffisante caricature! Comme il parle de Dieu, de vertu, d'honnêteté, de dévouement, des lois sociales!… Comme il attendrit la foule!
Un jour, quand on sera revenu des discussions théâtrales avec ces types, lorsqu'on verra clair au fond de cette sorte de gens honorables,—on sera bien étonné; au lieu de sangloter sur leurs sages maximes, si émues et si judicieuses, on leur préférera celles de Desrues, l'empoisonneur, comme plus efficaces et plus humaines.
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