—Nous reprendrons cet entretien, fis-je, en souriant.
—Oui, dit-il, préoccupé et toujours un peu sombre.
Et, tirant de sa poche une petite édition portative de la Bible, il termina sa péroraison en s'écriant:
—Nous nous occuperons aussi de ce livre-là! (Et il tapait sur la couverture comme sur une tabatière.)
Il l'ouvrit machinalement, au hasard, et tomba sur le chapitre des lois de Moïse consacré à l'adultère et à ses châtiments.
Le passage une fois lu, il moucha son grand nez avec un bruit dont je me sentis alarmé. Il y eut un silence pendant lequel il m'examina comme pour juger de l'effet produit sur mon être par ce style.
J'avais remarqué seulement qu'à ce mot «l'adultère» Mme Lenoir avait longuement et silencieusement tressailli dans son fauteuil. Mais ce ne fut là, sans doute, qu'un mouvement nerveux éveillé soit par le souvenir de quelque amourette de bal, soit par la fraîcheur du soir et de la mer. Les verts fourrés de Paphos auront toujours leurs mystères, et le petit dieu malin sait bien ce qu'il fait: du moins, telle fut mon opinion.
Quant au lieutenant, quant à sir Henry Clifton, l'idée ne m'en vint même pas!
Lenoir ferma brusquement la Bible et ajouta très bas, comme à lui-même:
—En effet, comment pardonner à l'adultère? O rage! cette idée-là m'affole, je le confesse!—Oui, je sens que j'assouvirais ma vengeance—et que la perte des paradis ne l'arrêterait pas,—même dans les régions de la Mort,—si…