— Tu ne m'en voudras donc pas? Tiens, ma chère cousine, sois assurée de ma discrétion. Je te promets de n'ouvrir jamais la bouche à personne de ce que je sais, et surtout à ma tante ni à ma mère. Mets ta confiance en moi comme en toi-même.

Je lui redis alors tout ce dont j'avais été témoin, et de quelle manière je l'avais été… L'effroi la saisit:

— Ah! ma bonne amie, ma chère Rose, gardes-en, je te conjure, le secret; ne me trahis pas, tu me perdrais.

Je le lui jurai de nouveau. Nous convînmes qu'il ne fallait pas même en parler à Justine. Elle me donna cent baisers en me faisant autant de questions sur ce que j'avais vu, entendu, et sur l'effet que j'en avais éprouvé. Je lui rendis compte de tout. Je la tranquillisai pour lors en lui disant que tout ce que je lui avais appris de moi-même m'engageait à garder un secret qui était devenu le mien.

— Mais raconte-moi donc, Isabelle, par quelles circonstances tu en es venue là avec Courbelon et Justine.

— Je le veux bien, ma petite cousine, après ce que tu sais, je n'ai rien à te refuser ni à te cacher, et je compte toujours sur tes promesses. Ecoute-moi. Un mois ou cinq semaines avant ton arrivée ici, j'étais un jour sortie avec ma mère; mais, ayant oublié quelque chose dans ma chambre et n'étant pas éloignée de la maison, j'y revins pour la chercher; après l'avoir prise, je fus à la chambre de Justine, je ne puis te dire pourquoi; la porte apparemment n'était pas bien fermée, ou elle n'y avait pas pensé; je la poussai, elle s'ouvrit. Je ne fus jamais plus surprise, et je restai dans l'étonnement et comme pétrifiée de trouver Courbelon sur elle; il en descendit aussitôt, et j'aperçus son outil qu'il tâchait de cacher, dans le même temps qu'il abattait les jupes de Justine qui étaient toutes levées. Elle était bien heureuse que ma mère ne fût pas à ma place. Je voulus à l'instant m'en aller; mais cette fille, craignant que je ne dise à ma mère ce que j'avais vu, accourut après moi, se mit à mes genoux en me conjurant de n'en pas parler. Elle me pressa tant, en me baisant les mains, que je lui promis tout ce qu'elle voulut, et je lui tins parole. Je t'avoue, ma chère Rose, que cette aventure me donna matière à bien des pensées. Depuis ce jour-là, Justine m'amenait souvent dans sa chambre sous prétexte de m'apprendre à broder; mais elle m'entretenait toujours sur le sujet de ce que j'avais vu en m'apprenant des choses bien nouvelles pour moi; elle découvrait ma gorge, elle prenait mes tétons, elle me peignait le plaisir sous les attraits les plus séduisants: je convins que j'en trouvais à l'entendre. Enfin, un jour que cette conversation m'avait fort animée, et ma curiosité fortement excitée, je sentis le feu sur mes joues, mon sein était agité; les questions que je lui faisais firent connaître à Justine que le moment était favorable; elle me prit entre ses bras, m'enleva et me porta sur son lit; elle me troussa: je m'en défendais faiblement; elle continuait toujours, en me disant qu'un jeune et aimable cavalier serait bien heureux à sa place s'il voyait et touchait les beautés, les grâces et la fraîcheur qu'elle venait de découvrir que sa machine s'enflerait et qu'il mourrait de plaisir en m'en faisant connaître et ressentir de bien vifs. Ses flatteries, ses peintures et ses caresses m'ayant subjuguée, je me laissai faire par elle tout ce qu'elle voulut. Elle posa le bout du doigt de la main gauche entre les lèvres de mon ouverture, qu'elle chatouillait tandis que, de la droite, elle en frottait le haut.

— Ma chère cousine, lui dis-je, pourquoi n'emploies-tu pas les termes et les noms que tu sais? Je les ai tous entendus de Courbelon et de Justine.

— Tu as raison, Rose, je n'en ferai plus de difficulté.

Enfin, après quelque temps de ce badinage, je ressentis cet extrême plaisir qu'elle m'avait si bien dépeint; mais elle m'assura que j'en trouverais bien davantage avec un joli homme, jeune et galant. Depuis ce temps, elle répéta souvent, à ma satisfaction, ce jeu charmant; elle enfonça même un jour son doigt; j'éprouvai quelque douleur qui fut bientôt apaisée. Elle sut enfin m'engager de lui rendre le plaisir qu'elle me donnait. J'y trouvais beaucoup d'agrément et je m'en contentais. Mais, huit à dix jours avant ton arrivée, ma mère étant sortie seule, nous reprîmes nos jeux et nos plaisirs; et sous divers moyens que Justine employa nous nous mîmes toutes deux totalement nues. Courbelon, caché derrière un rideau, avait été témoin de toutes nos folies: c'était une partie liée entre Justine et lui, mais je l'ignorais. Elle riait depuis le commencement, de tout son coeur. Surprise de ses ris qui me paraissaient quelquefois hors de propos je la pressai de m'en dire le sujet; elle m'avoua que Courbelon nous voyait. Il sortit aussitôt de dessous le rideau, nu comme nous étions, et son vit était d'une grosseur et d'une raideur étonnantes. Effrayée, palpitante, honteuse, je ne pouvais plus fuir dans l'état où j'étais qu'en me cachant sous le même rideau; j'y courus, mais ils m'arrêtèrent tous deux, et je n'osai lui rien dire après ce qu'il nous avait vues faire. Courbelon me prit entre ses bras, se jeta à mon cou, m'embrassa, porta ses mains et ses lèvres partout où il put: tout était à sa disposition et Justine l'aidait. Enfin la surprise et la honte firent place au désir. Il mit son vit dans ma main; je ne pouvais l'empoigner; le feu de ses baisers, de ses attouchements, ce spectacle si nouveau pour moi et l'exemple de Justine qui le caressait sans scrupule firent couler le plaisir dans tous mes membres et m'avaient mise dans une situation à ne pouvoir rien lui refuser. Les plaisirs qu'il me donna avaient une pointe de vivacité que je n'avais point sentie par les mains de Justine, avec laquelle je désirai qu'il fit la même chose. Mais ils allèrent bien plus loin: elle l'attira sur elle au pied de son lit et, me tenant d'une main, elle me fit voir le vit de Courbelon qui se perdait dans son con, et la vivacité de leurs transports me fit juger de l'excès de leurs plaisirs. C'est hier la sixième fois que je me suis trouvée avec lui, cela n'arrivant pas souvent, crainte d'être découverte. Je fus enchantée de ton arrivée, chère Rose, dans l'espérance que j'en aurais plus de liberté, car je t'avoue que j'ai eu un violent désir que Courbelon m'en fît autant qu'à Justine. Je crains, il est vrai, les enfants, dont elle me fait peur, et le mal que la grosseur de son vit me pronostique; mais puisqu'elle le reçoit avec empressement j'imagine que ma crainte n'est pas trop fondée et que la douleur doit être bien moindre que le plaisir, du moins Courbelon me le dit de même. Cependant, Justine s'oppose toujours au désir que nous en avons par diverses raisons dont elle ne peut me persuader puisqu'elle s'y expose.

(Fin du récit d 'Isabelle)