«Tu t’en étonnes? me dit-elle; eh! c’est la plus ardente sectatrice de nos plaisirs, non pour la prostitution, sa belle âme en est incapable, mais depuis que Son Altesse lui a fait apprendre, par motif de récréation indigne du sang des Bourbons, à danser sur la corde, elle est devenue le modèle de toutes les femmes du haut style de la capitale; toutes ont voulu apprendre ce grand art que le fameux Placide enseigna au comte d’Artois, et nous autres, reléguées dans les classes des filles publiques, nous la regardons et la chérirons toujours comme notre patronne pour les tours de reins et sa souplesse des jarrets. Le fait est si certain qu’au moyen de l’écu de six francs que tu as donné à la révérende maquerelle de ce lieu, je vais, pour ton argent et tout réjouissant du souverain plaisir, t’apprendre à faire des tours de force.» Je conçus, à l’exposé de cette courtisane, qu’elle me réservait à de nouveaux passe-temps; je me laissai conduire sur le trône destiné à la célébration de ces plaisirs, dont le genre était inconnu pour moi, et je ne tardai pas à en faire l’épreuve.
LES TROIS MÉTAMORPHOSES
Conte en vers et en prose pour servir de supplément au
Degré des Ages
PAR LE MÊME AUTEUR
Bagatelle à l’ordre des temps.
Je veux chanter dans ce conte gaillard
Du plus affreux trio toute la turpitude,
Et sans choisir mes portraits au hasard,
Les peindre au naturel, en faire mon étude;
Dévoiler les plaisirs de trois membres choisis.
Dans ces sérails charmants du centre de Paris,