[21] Je ne doute pas que quelque demi-savant, ou quelque critique obstiné, ne trouve, dans la suite de cette notice, Shackerley beaucoup plus savant en astronomie que ne le comporte le costume d’un ouvrage contemporain d’Herculanum. Mais je le prie d’observer: 1o que l’Anagogie est une révélation faite par Jérémie Shackerley, tout comme... Ah! oui: tout comme S. Jean a écrit l’Apocalypse dans l’isle de Pathmos. 2o Que personne dans Herculanum n’a pu rien comprendre à ce manuscrit, écrit bien avant la venue de J.-C. comme nous n’entendons rien à la bête de l’Apocalypse qui a 666... sur le front [(II)], ornement qui serait singulier même pour un mari françois; ce qui ne détruit point du tout l’authenticité de notre manuscrit. 3o Qu’on n’a qu’à lire l’histoire incontestable de l’astronomie antédiluvienne, par M. Bailly, pour se convaincre que Shackerley pouvoit savoir tout ce qu’il paroît avoir su..... Enfin je déclare que pour trente-six mille raisons, un peu trop longues à déduire, douter de Jérémie Shackerley, c’est mériter un auto-da-fé.

[22] En effet, comme le remarque l’illustre M. d’Alembert, d’après l’ingénieux et quelquefois sublime Diderot, quelle finesse d’idées n’a-t-il pas fallu pour y parvenir? L’aveugle n’a de connoissance que par le tact; il sait qu’on ne peut voir son visage quoiqu’on puisse le toucher. «La vue, conclue-t-il, est donc une espèce de tact qui ne s’étend que sur les objets différens du visage et éloignés de nous.» Le tact ne lui donne en outre que l’idée du relief. Donc un miroir est une machine qui nous met en relief hors de nous-mêmes. Ces mots en relief ne sont pas de trop. Si l’aveugle disoit, nous met hors de nous-mêmes, il diroit une absurdité de plus; car comment concevoir une machine qui puisse doubler un objet? Le mot relief ne s’applique qu’à la surface; ainsi, nous mettre en relief hors de nous-mêmes, c’est mettre la représentation de la surface de notre corps hors de nous. Cette désignation est toujours une énigme pour l’aveugle; mais on voit qu’il a cherché à diminuer l’énigme le plus qu’il étoit possible.

[23] Chap. II, v. 19.

[24] Ibid., v. 20.

[25] Telle est l’origine même du mot de narcisse, lequel vient de Ναρκὴ (narcè), assoupissement; de là le narcisse fut la fleur chérie des divinités infernales; de là vient aussi que l’on offroit anciennement les guirlandes de narcisse aux furies, parce qu’elles engourdissoient, assoupissoient les scélérats.

[26] Salem, Piper, acorem respuebat. Mensæ vero accumbebat alternis semper pedibus sublatis. Voyez Elogium Thom. Sanchez, imprimé à la tête de l’ouvrage De matrimonio. A Anvers, chez Murss, 1652, in-folio. Et si vous voulez avoir une idée des édifiantes questions qu’a agitées ce théologien, et bien d’autres, cherchez la vingt-unieme dispute de son second livre.

[27] Il a publié séparément les fragments de Sapho, et les éloges qu’elle a reçus.

[28] Gen., ch. II, v. 23.

[29] Vira de vir.

[30] L’allemand a conservé l’ancien rit dans mannin, qui vient de mann. Mannin est le vira, et non le virago. Man wird sie mannin heissen. (Gen., II, v. 23.)