Ces deux prisonniers, qui s’estimaient si peu, l’un traitant de giton l’autre qui le considérait comme un monstre, devaient jouer un rôle prépondérant dans l’histoire de l’émancipation sociale et morale de l’humanité.
Tous les deux passaient le temps, en prison, à écrire surtout des ouvrages licencieux.
Mirabeau a composé à Vincennes un grand nombre d’ouvrages:
Des lettres de cachet et des prisons d’Etat, 2 vol., à Hambourg (Neufchâtel), en 1782.
Elégies de Tibulle avec des notes et recherches de mythologie, d’histoire et de philosophie; suivies des baisers de Jean Second; traduction nouvelle adressée du Donjon de Vincennes par Mirabeau l’aîné, à Sophie Ruffey, avec quatre figures. A Tours, chez Letourmy jeune et Compagnie, et à Paris, chez Berry, rue S. Nicaise, l’an 3 de l’Ere Républicaine, 2 tomes, in-8o[7].
Il y a un troisième volume sans tomaison indiquée, avec ce titre: Contes et nouvelles adressés du Donjon de Vincennes, par Mirabeau, à Sophie Ruffey. A Tours, chez Letourmy le jeune et Compagnie. A Paris, chez Deroy, libraire, rue Cimetière-André, no 15, l’an 4 de l’ère républicaine, avec cette épigraphe: Nec si quid olim lusit Anacreon delevit aetas.
«La Chabeaussière, dit la Biographie Michaud, élevé avec Mirabeau, lui avait fait don du manuscrit de cette traduction, à laquelle il n’attachait aucune importance. Mirabeau se l’appropria en l’enrichissant d’additions et remaniant le style. La Chabeaussière revendiqua l’ouvrage lorsqu’il en vit le succès.»
M. Paul Cottin (loc. cit.) dit que «La Chabeaussière paraît avoir indûment réclamé la paternité» de cette traduction de Tibulle.
M. Gabriel Hanotaux possède, paraît-il, un important manuscrit d’ouvrages de Mirabeau, écrit à Vincennes et recopiés par Sophie: poèmes, traduction des Métamorphoses d’Ovide, Essai sur la liberté des anciens et des modernes, etc.