Vespasien, passionnément amoureux de Cénis, affranchie d’Antoine, mère de Claude, entretient cette concubine dans son palais et la traite comme si elle eût été son épouse légitime (Suét., in Vesp., cap. III).

Tite, pendant son expédition contre les Juifs, se passionne pour la reine Bérénice, sœur du roi Agrippa, qui lui accorde les dernières faveurs.

De retour à Rome, où il s’est fait suivre de sa maîtresse, pour en avoir la tranquille jouissance, il répudie sa femme, Marcie Furnille, et mène ensuite une vie efféminée et dissolue, passant des nuits entières dans ses débauches de table et se livrant aux plus infâmes plaisirs (Suét., in Tit., cap. II). Puis il renvoie cette reine en Judée, quoique à contre-cœur (Ab urbe dimisit invitus invitam. Suét., in Tit., cap. II), après avoir fait massacrer brutalement le consul Cecinna au moment que celui-ci sortait de la salle du repas, sous le vain prétexte qu’il avait violé Bérénice (Aurel. Victor, Epist. X, § 4).

Domitia Longina, fille de Domitius Corbulo, d’une beauté admirable, mais trop coquette pour ne pas franchir les bornes du devoir conjugal, devient une des plus débauchées courtisanes de Rome; elle livre ses charmes à Domicien, qui l’enlève brutalement à Œlius Lamia son mari (Dio, Excerp., per Vales.—Dio, lib. LVII.—Suét., in Domit., cap. L). Mais bientôt dégoûté d’une femme dont la possession lui avait coûté si peu de peine, il s’enflamme pour Julie Sabine, sa nièce (Ibid., cap. XXII), et pour la posséder librement il répudie son épouse Domitia, qui se prostitue publiquement à la populace et au comédien Paris, dont elle devient folle d’amour (Ibid., cap. III.—Xiphil., LXVII, p. 759, E), et qu’il fait massacrer en pleine rue. Ensuite, rappelant son épouse, sous prétexte que le peuple lui demande cette grâce, il la fait rentrer dans son lit sacré (Dio, cap. XIII), après avoir donné la mort à son infâme concubine, par un breuvage qu’il lui fait prendre pour faire avorter le fruit de leurs incestueuses amours (Ibid., cap. XXII.—Dio, lib. XVI.—Plin., Epist. II): homme profondément immoral, qui s’abandonna dans ses bains aux plus monstrueuses turpitudes avec les femmes les plus dissolues; qui se souilla par de sanglantes exécutions, et qui fut massacré dans sa chambre par sa propre femme et les grands de sa cour qu’il avait proscrits (Suét., cap. XXIII.—Aurel. Vict., Epist., II, 7.—Dio, lib. LXVIII).

Sabine, femme de l’empereur Adrien, se livre aux embrassements adultères de plusieurs patriciens, et l’épouse de Marc Aurèle, Faustine, devient éperdument amoureuse d’un gladiateur.

Commode, né de l’adultère Faustine, fille d’Antonin, ne dément point son origine, il se livre dans son palais à la lasciveté de trois cents concubines et assassine sa sœur Lucilla. Caracalla se souille du sang de son frère et épouse sa belle-mère Julie, dont la beauté égalait l’impudence (Cum Julia noverca Bassiani Caracallæ ei sinum nudasset: Vellem, inquit, si liceret. At illa: Si libet, licet. An nescis te imperatorem esse, et leges dare, non accipere?) Heliogabale aime son eunuque Hiéroclès avec un délire si effréné, «ut eidem inguino oscularetur, floralia sacra si asserens, celebrare (Œt. Lamprid., in Heliog., cap. V)». Mais énervé par le luxe et les débauches, incapable par lui-même d’assouvir ses exécrables lubricités, il prostitue toutes les parties de son corps aux turpitudes de ses courtisans et esclaves, se faisant donner le nom de Bassiana et recherchant avec emportement les criminels plaisirs de la bestialité. (Per cuncta cava corporis libidinem recipiens et eum fructum vitæ præcipuum existimans, si dignus atque aptus libidini plurimorum videretur. Ibid.)

Le Libertin de Qualité