Notre amour est le vase empli d’or et de nard

Que nous portons tous deux en tremblant d’en répandre;

Rien de nous vient de nous, et le sombre hasard

Nous confie un trésor dont il nous fait dépendre.

Notre jeune ferveur et nos effusions

Iront grossir la somme inutile des choses...

Mais qu’importe aux étés ivres d’éclosions

Ce que pèse à l’hiver la poussière des roses!

J’ai sous les yeux, entre autres morceaux inédits de la jeune femme poète, un crépuscule des dieux qui eût dignement complété cette publication dont la Revue de Paris a droit d’être fière. Un filial—et sans doute cette fois héréditaire regret de la grâce antique, déjà sensible dans la prière à la statuette, dans les stances à la déesse de la Jeunesse, et dans la païenne oraison aux dieux gardiens de troupeaux—s’y accentue; et comme un soupir de Virgile s’unit au souffle de Chénier dans ce nostalgique élan vers

Le char vide et rompu d’où les dieux sont tombés.