Viens! ne crains pas la mort, on aime dans les cieux!

et la mort qui couronne son œuvre de vie, comme elle couronne toute vie, n’apparaît jamais hideuse à notre poète, mais toujours fleurie et touchante, puisqu’elle lui rouvre tous les paradis pleins de ses anges envolés. Tous les êtres aimés, sans oublier l’être aimé, voire à commencer par lui (selon une magnifique interpellation: Croyance); «Albertine, âme en fleur!» et d’autres amies de jadis; et cette noble tige maternelle, enlacée, cette fois à l’éternité, auprès de ses enfants enfuis:

Car vous aurez, un jour, une joie immortelle

Et vos petits enfants souriront dans vos bras.

Non, jamais rien de plus sereinement détaché, de plus véritablement et vénérablement sur le seuil, et déjà presque au-delà, n’a su se proférer pour nous parler de la mort, avec ce que j’appellerai une pareille liberté d’allures mortelles; nous apprivoiser avec cette «cueilleuse d’âmes» qui

Ne les moissonne pas pour en tuer les flammes,

Mais pour les délivrer de leur lourd vêtement,

Comme on ôte le sable où dort le diamant.