Un voisin de ladite dame aurait encore formulé, parlant de l’auteur d’Une Petite Mademoiselle : « Il vient de publier un volume dans lequel il tape sur toute sa famille. » — Ce n’est pas exact, je n’ai pas parlé de lui.
Me voilà tenu de le dédommager.
Comme je demandais à quelqu’un la raison qui faisait s’unir tant de hampes et de bâtons, de sceptres et de thyrses, dans une main, sans nul doute, aristocratique, mais peut-être mieux faite pour le crochet tunisien ou la broderie anglaise, la personne me répondit : « C’est vrai… MAIS IL Y A UNE TOMBOLA ! »
Cette parole fut le Chemin de Damas de mon incertitude et de mon doute. Je compris, une fois de plus, que « Dieu fait bien ce qu’il fait » comme l’affirme notre bon La Fontaine, dans le Gland et la Citrouille. Si les dieux des méchants païens ont créé la Muse de la Danse, et celle de la cadence, celle du rire et celle du sanglot, il convenait que le Dieu des bonnes gens leur adjoignît une sœur officieuse, une dixième muse, la Muse de la Tombola, mêlant aux boutons des lotus d’Homère, les boules du loto, fatidiques et tumultueuses.
Veuillot comparait Hugo à une cloche, dont le métal, fait d’alliages divers, résonnait tour à tour sous des impulsions que l’écrivain des Odeurs jugeait par trop dénuées de rapports entre elles, et parmi lesquelles, je m’en souviens, il citait Polichinelle et Garibaldi.
Après avoir vu donner à l’homme de Guernesey, le titre de cloche, il ne me semble pas qu’une Muse, si ambitieuse soit-elle, puisse juger offensant d’être comparée à une clochette ; et si cette clochette tinte au nom de Madame Éloffe, après avoir sonné en l’honneur de Shylock et de Monsieur Bertin, cela vient de ce que ce n’est pas tous les jours dimanche.
Et quand toutes les Présidentes du monde viendraient nous certifier que ces incohérences et ces disproportions représentent l’aléa d’un « rôle de Mécène » (sic !) nous ne ferions aucune difficulté d’en convenir, à la condition qu’on nous permette d’ajouter que, s’il existe des Muses de la Tombola, il peut bien y avoir aussi des Mécènes qui abattent des noix.
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Une nouvelle boîte de petits fours vient d’être mise en vente, sous la même marque ; ceux-là, d’inspiration saline ; quelques-uns au fucus et au varech, d’autres au goëmon et à l’algue ; mais la plupart, à la camomille. Cela s’appelle modestement : Souffles d’Océan. Rien que ça ! Comme Oceano Nox.
Une chose qui pourrait confondre, c’est que celle qui les glace ne s’aperçoive pas de ce qu’il y a de téméraire à déranger l’Océan, pour cette tempête de ventilateur.