Quant aux huit lettres de la Vicomtesse de Trédern, je ne serais pas surpris, au contraire, qu’elles aient, toutes les huit, pour but, d’offrir son concours.

Au 2248, j’entends parler d’une grande scène lyrique intitulée : La Marquise de Présalé ; et je me demande s’il ne s’agirait pas d’une préfigure ou, si vous le préférez, d’une post-figure de la même Marquise Versaillaise. — Au 2165, saluons, en passant, du Docteur Don Grégorio, un éloge des Canaries et de Camille Saint-Saëns. — Au 2283 et passim, notons des tambourins, peinturlurés et honorifiques, offerts par la Marquise de Blocqueville, cadeaux significatifs qui nous permettront de faire valoir, tout à l’heure, un éloquent rapprochement. — Au 2319 nous enregistrons la présence d’un « casse-croûte en bois orné ». Cette expression ne nous étant pas très familière, nous en cherchons le sens dans notre dictionnaire, qui nous apprend, sans ménagements, qu’elle signifie : « instrument qui sert à broyer la croûte pour ceux qui n’ont plus de dents ». On comprend, dans cette circonstance, que le catalogue n’indique pas de qui provient ce bibelot, moins heureux, par suite, et moins illustre que ce presse-papier, orné d’un cheval au galop, dont on nous apprend qu’il fut, lui, la propriété de Monsieur Ambroise Thomas.

Casse-croûte et presse-papier, que vos destins sont divers !

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A notre regret, nous devons borner notre glane dans le Musée Saint-Saëns.

Donc, après avoir noté nombre de familières dédicaces « à l’ami Camille » et cette inscription plus altière de Divus Camillus, il ne nous reste plus qu’à recueillir les échos du Dimanche 18 juillet 1897, mémorable jour de l’inauguration du Musée Saint-Saëns. Le menu du banquet nous est parvenu. Nous savons qu’il eut pour prélude un « cantaloup glacé » et pour finale, un « Gâteau Camille Saint-Saëns ». Là, nos connaissances gastronomiques sont en défaut. Nous avouons ignorer cette pâtisserie, ne pas savoir si elle est feuilletée ou glacée, en forme de tarte ou de tourte, de chausson ou de pièce montée. Cependant, un esprit de déduction nous porte à croire que ce pourrait bien être tout simplement (n’êtes-vous pas de notre avis ?) quelque chose comme un Saint-Honoré de la Musique.

Ce qui est certain c’est que l’entremets fut mangé aux sons de la cantate ci-jointe, due à la lyre d’« un vieil ami », Monsieur Alfred Tranchant, que certainement Rivarol, en récompense, aurait placé dans son Petit Almanach des Grands Hommes, à côté de Minar de la Mistringue.

A CAMILLE SAINT-SAËNS

Hosanna !… Hosanna !…

Il est dans nos murs… il est là,