Sur le plumage instrumental,
Musicienne du silence. »
J’y vois, dans le cadre d’une fenêtre lozangée de vitraux, une extatique Cécile, les mains détachées de sa viole en un geste d’élévation vague, semblant frôler un invisible instrument que le poète devine être l’aile d’un ange, divine harpe aux cordes de plumes, résonnant sans voix en deux derniers vers, l’un de concise description, l’autre de pénétrant mystère.
Une curiosité, sans doute un caprice de l’euphuisme de Mallarmé, c’est la possibilité pour lui, de se concilier avec certain grotesque voulu, ou des mots grossiers ; ainsi, ces enfants
« Qui, le poing à leur cul, singeront sa fanfare
…
Ils sont l’amusement des racleurs de rebec,
Des marmots, des putains… »
Les deux Chansons bas offrent un typique exemple de ce comique singulier, à la fois gourmé et plaisantin, pince-sans-rire et funambulesque (c’est dire Banvillesque). Le Savetier :