Néanmoins, je veux m’efforcer de réfuter plus spécialement quelques-unes d’entre elles.
Essayons, toutefois, si par quelque manière,
Nous en viendrons à bout.
J’ai tenté, en témoignage partiel d’une piété que j’espère attester plus complètement aujourd’hui, comme en manière d’une rétrospective compensation, dont plusieurs ont apprécié l’intention et goûté le contraste, de donner bien moins à ma glose qu’à une muse, de son vivant la plus infortunée, un auditoire élu de distinction intellectuelle et de noble élégance. Les malicieux en ont voulu faire une manifestation précieuse dans le fâcheux sens de ce mot, quand la présence de beaucoup de bons esprits empêchait pourtant l’équivoque de bel esprit sous laquelle on n’eût pas été fâché de discréditer la réunion et de gâter la chose.
J’ai récité alors les deux premiers chapitres de l’étude qui suit, plus la troisième partie du chapitre IV. Je marque aujourd’hui d’un astérisque dans ces pages, où pas un mot n’a été changé, trois passages dont les expressions faussement ou incomplètement citées ont été relevées plaisamment, et je les livre à une critique plus attentive.
Mais, ce qu’il y eut d’un peu déroutant, pour ma bonne foi, ce fut, en même temps que le reproche d’une prononciation trop martelée,—sans doute encore insuffisante,—la soi-disant citation en italiques et entre guillemets, dans plusieurs compte-rendus, de locutions cocasses telles que «encélesté, lavabo de pensée! superlativement liliale. Il y a une grande injustice à réparer, le mage a dit...» dont mon texte n’a jamais porté trace.
Quant à la trop spirituelle accusation de songer à réhabiliter Loïsa Puget, d’une part—à savoir de traiter une matière comiquement rococo;—et ailleurs, d’avoir, par le choix d’un sujet, pourtant toujours ouvert—et sur lequel naturellement tout le monde avait à m’en remontrer—cherché à me parer de ce qui revenait à d’autres: il faut pourtant qu’on opte entre ces deux griefs qui s’annihilent.
Un mot pour chacun:
Nul musicien de génie qui ait, que je sache, consacré la petite metteuse en musique de tant de romances aux harmonies justement moquées. Mais les rieurs qui attendent mon panégyrique de Loïsa Puget, parce que j’ai célébré Marceline Valmore, savent-ils bien qu’il n’y a guère de rehaut ni de grâce à ne point être touché par les accents de Celle dont Michelet a écrit: «Cette puissance d’orage qu'elle seule a jamais eue sur moi.»
Certes, j’ai voulu, moins révéler certaines parties de l’œuvre que relever toute la figure, un peu brumeuse et oubliée, quoi qu’on en puisse dire, entre les buissons de ses poësies enchevêtrées de lierres et de lianes, de clématites et de chèvre-feuilles, de vignes vierges et de viornes, ainsi qu’une Belle-au-bois-dormant du rêve attendant le réveil de quelque songeur épris de son silence harmonieux, de son souffle et de son soupir.