Mais, ce que j’ai aussi souhaité, c’est de rafraîchir les fleurs et les palmes d’illustres ex-votos spontanés, entrelacés autour du souvenir de Marceline Desbordes-Valmore, par tant de mains généreuses; c’est de faire revivre l’encre mystérieuse et sympathique des litanies de la glorieuse admiration et de l’estime impérissable signées de noms prestigieux ou sublimes.

Une lecture entière de cet essai, pour ceux qui ont souci d’autre chose que de chicanes taquines, renseignera sur ma tentative et sur son dessein. J’ose espérer qu’ils ne seront pas reconnus vains, mais me donneront droit d’inscrire mon nom au-dessous de nobles commentateurs, dont le plus récent fut M. Verlaine, parmi ceux qui ont promené au moins un fil et projeté une lueur entre les beautés emmêlées de touffus bosquets, de bouquets diffus.

R. M. F.

Versailles,
Janvier 1894.

... relisant à froid ces pages... Je pensais que cet enivrement paraîtrait sans doute ridicule, présenté à des lecteurs distraits; mais aussi, je songeai à ceux qui se pénètrent plus profondément des émotions qui naissent d’une œuvre sérieuse, et il me sembla que je leur devais un compte fidèle du travail que je venais de faire, et qu’il fallait les faire remonter jusqu’à la source même des idées dont ils avaient suivi le cours.

C’est pour cela que, m’attendant bien à paraître extraordinaire, j’ai voulu passer par dessus ce qu’il y a de puéril et d’exagéré dans l’inspiration, aux yeux des gens froids.

ALFRED DE VIGNY

A LA MÉMOIRE DE MA BELLE-SŒUR
PAULINE DE SINETY
COMTESSE GONTRAN DE MONTESQUIOU-FEZENSAC

Je redis vos vers, Marceline,

Harpe plaintive et cristalline,