Tortillon à la poire, ou bien à la groseille,
Fraîche vrille de sucre acidulé, ta voix
Est un bonbon anglais qu’on suce avec l’oreille.»
Ainsi qu’il y avait lieu de le craindre, la métaphore ne fut pas goûtée; cette inauguration du Drops dans la région auditive dépassait les moyens de l’assistance; la subtilité effara. La Gouvernante n’en prit pas d’ombrage. C’était un mérite de cette nature que de reléguer le succès au second plan. Ce qui lui importait, c’était de se dévouer pour une cause, avec désintéressement et, s’il le fallait, jusqu’au martyre.
Elle se contenta donc d’un murmure, qu’elle feignit de croire approbateur, et l’audition continua. Ce fut, alors, le tour de Berthe qui, déjà, disait avec beaucoup de goût, sous la direction de sa Maîtresse. Elle détailla fort joliment, en dépit de leurs difficultés verbales, les strophes à Catulle Mendès:
«Ces vers légers, qu’ils sont profonds;
Qu’ils sont tendres, ces vers bouffons!
Vraiment, nous nous ébouriffons.
Et que tu dises Eleutho,
Ou quelque belle de Watteau,
Ou Jeanne, du dernier bateau;
Que ton marteau d’or pur concasse
Du sucre, sur quelque cocasse,
Ou que, dans une dédicace,
Tu divinises la Sarah
Que Paris perdit, mais qu’il r’a,
La seule qui toujours sera...
Tu fais toujours, divin pervers,
Loucher tous les poètes vers
La perfection de ton vers,