Aussi, en manière de démonstration, elle affirma que si, elle-même se décidait, un jour, à publier certain album musical, que sa haute modestie tenait en réserve, elle l'appellerait: «Le Merle à la patte de bois.»

Après les titres d'albums, les titres de livres. Mademoiselle approuva (ou désapprouva, on ne sait plus bien lequel des deux) ces modes qui se mettaient sur les dénominations d'ouvrages. Après le «Servir», de Monsieur Lavedan, l'infinitif devint bien porté. Miss en dégoisa, incontinent, quelques bonnes douzaines, parmi lesquels plusieurs étaient indécents.

Quoique pas encore née au jour de la publicité, la petite marchande d'allumettes, de Madame Rostand, avait déjà créé des rivales patentées, parmi lesquelles, la marchande de petits pains pour les canards, de Monsieur Boylesve, dès son apparition, saluée chef-d'œuvre, par un confrère. Que de chefs-d'œuvre! Dieu soit béni!

Seulement de l'un à l'autre de ces deux chefs-d'œuvre, la différence était notable. Dans le premier, c'est la débitante qui apparaît menue; dans le second, ce sont les pains qui s'attestent exigus.

Par exemple, ce qui, au dire de la narratrice, n'était pas «menu», ce sont les merveilles de sa représentation future, dénoncées, annoncées, par l'auteuresse elle-même, dans une lettre aux journaux. Depuis Petit-Jean, rien ne s'était vu d'aussi «Babylonien».

—«Je vous crois—continuait Miss.—D'abord, une dame, ayant consenti, en dépit des difficultés offertes par cette combinaison, à la fois aquatique, ornithologique et pyrotechnique, à être «un rossignol, qui aurait pour âme une étoile tombée dans une source.» Rien que cela! Un monsieur, qui apparaît comme «le sanglot révolté de la neige.» Une duchesse «qui semble une reine, à la voix dorée de violoncelle.» Enfin, «un suisse inoubliablement majestueux», des jeunes filles «dont la grâce est en mousseline», un chœur qui est «une forêt chantant avec la force des chênes et la souplesse des roseaux.» Et tout cela, pour comble, dirigé par un chef d'orchestre «au geste frénétiquement précis d'un jeune Neptune».

«Je n'invente rien.

«Et voilà comment on écrit à Cambo-les-Bains, dans les propres aîtres de Monsieur Rostand! Ah! le lyrisme, il n'y a pas à dire, ça se gagne comme l'éruption. Seulement, quand il est de seconde main, et de seconde mouture, il prend, sérieusement, des airs drôlets, comme un chat qui éternue, pour avoir respiré de la valériane.

«Quand au texte du livret, il lui fallait bien se montrer à la hauteur de ces sommets descriptifs. Il ne le rate pas.

Petite flamme violette,