[175] Ici M. Bazin avoit adopté une leçon que je n'ai pas cru devoir préférer à l'imprimé.

[176] Mademoiselle de Guerchy, fille de la première comtesse de Fiesque, fut aimée de Châtillon, comme nous l'avons vu. C'est elle qui fut mortellement blessée d'une piqûre dans l'opération d'un avortement, et que Vitry, son amant, tua d'un coup de pistolet (1672). Elle étoit fille d'honneur de la reine-mère.

Cette Petite Fronde est datée de 1656.

Guerchy, tu ravis le monde;
Pons est celle qui te seconde;
Saint Maingrin passe les trente ans;
Ségur s'en va vieille et mourante;
Pour Neuillant, les moins médisants
Disent qu'elle est rousse et méchante.

Mademoiselle de Pons est celle que Guise aima et délaissa; mademoiselle de Ségur étoit laide et sage; mademoiselle de Neuillant devint la sévère madame de Navailles; quant à mademoiselle de Saint-Mesgrin, Loret (1er octobre 1650) en parle, et ce qu'il en dit montre que notre beau financier, Jeannin de Castille, tranchoit du monarque et du coq.

Saint Maigrin, fille de la reine,
Avec sa belle gorge pleine
Et son accueil doux et benin,
S'est fort acquis monsieur Janin,
Dont l'on dit qu'elle est adorée,
Tant le matin que la soirée.
Je ne croye pas que cet amant,
Dans son nouvel embrazement,
Lui fasse faire aussi grand'chère
Comme Gaston luy faisoit faire.

Une autre chanson, qui est de Benserade et datée de 1652, ne viendra pas mal maintenant:

Guerchy, deux cœurs brûlent pour vous.

Les deux cœurs, disent les clefs, sont le cœur de M. de Jars, commandeur de Malte, et le cœur de M. de Joyeuse (de la maison de Lorraine).

Guerchy, deux cœurs brûlent pour vous;
L'amour qui les assemble
Les feroit plaindre ensemble
Sans être jaloux;
Malte et la Lorraine
Sont dessous vos lois;
Mais tirez-nous de peine:
À laquelle des trois
Donnez-vous votre choix?