[383] Le prince Henri-Jules, fils du grand Condé. Nous avons déjà rencontré son nom.

[384] Louis Armand de Bourbon, prince de Conti, né le 4 avril 1661, fils d'Armand de Bourbon, prince de Conti, et d'Anne Marie Martinozzi.—Il mourut le 9 nov. 1685.—Voy. la note [382], ci-dessus.

[385] François-Louis de Bourbon, prince de la Roche sur Yon, frère d'Armand de Bourbon, prince de Conti, naquit le 30 avril 1664. Il devint lui-même prince de Conti, en nov. 1685, après la mort de son aîné, et épousa sa cousine, fille du prince Henri-Jules et petite-fille du grand Condé.

Le prince de Conti et le prince de la Roche sur Yon firent en 1685 la campagne de Hongrie. On connoît les emportements du Roi à leur égard.

[386] Le bâton n'étoit pas seulement l'arme des vengeances quand il s'agissoit de châtier un poëte ou quelque bourgeois. Les gentilshommes ne se l'épargnoient pas. Ainsi le cardinal de Sourdis fut bâtonné par le duc d'Epernon, et il eut l'honneur, dit Tallemant, d'être le prélat le plus battu de France. Le comte de Bautru passa aussi par le bois, ce qui fournit un bon mot à sa verve intarissable.—Dans la hiérarchie des offenses dont connoissoit le tribunal des maréchaux de France, la bastonnade venoit entre le démenti et le soufflet.—Le traitement dont fut l'objet le marquis de Termes n'a donc rien d'étonnant. Dangeau, à la date du 17 déc., assez près de Noël, comme on voit, 1686, confirme le rapport de notre texte, et Saint-Simon, dans son commentaire, entre, sur ce fait, dans d'assez longs détails. (Journal de Dangeau, I, 81.)

[387] Le Journal de Dangeau, et surtout le commentaire de Saint-Simon, font bien connoître le ménage du duc de Ventadour: «Madame de Ventadour étoit fort belle et fort agréable, son mari très laid et très contrefait. Ils étoient très mal ensemble, et les choses étoient allées souvent fort loin... On se soucioit peu du mari, dont la débauche et une absence continuelle de la cour ne lui donnoient pas grande considération.....» (Journal de Dangeau, t. 23.)

[388] La démoralisation même des classes élevées étoit alors arrivée à un point que les pamphlets ne sont pas seuls à signaler. Le jeu, dont la mode, ou plutôt la fureur, avoit été apportée d'Italie, étoit une des principales causes de cette corruption incroyable. On,—je dis les gens qui sembloient devoir être le moins susceptibles de succomber à la tentation,—on ne se faisoit aucun scrupule d'aider un peu ou de corriger la fortune. L'abus ne cessa pas entre Mazarin et la marquise de Parolignac, un des personnages de Candide.

[389] Le jeu de la bête ou de l'homme étoit un jeu où le perdant payoit, non sa mise, mais celle de tous les joueurs.

[390] Nous rappelons que la demoiselle étoit la bourgeoise mariée ou la fille noble.—Une des premières règles du tribunal des maréchaux de France étoit celle-ci: «Il ne suffit pas que l'une des parties soit justiciable du tribunal pour le rendre compétent: elles doivent l'être toutes les deux.» Or, le tribunal ne jugeoit que les nobles. «Les femmes ou les veuves des gentilshommes, des militaires ou des nobles, ont toujours eu le droit de recourir à la justice de MM. les maréchaux de France pour obtenir des réparations.» (De Beaufort, Recueil concernant le tribunal de Nosseigneurs les maréchaux de France. Paris, 1785, 2 vol. in-8, t. I, p. 72 et p. 73.).

[391] Les maréchaux de France étoient compétents dans les affaires relatives aux «billets ou promesses stipulées d'honneur, lorsque les deux parties sont gentilshommes, militaires ou nobles.» (Ibid. p. 80.) Ce débat étoit d'autant plus fâcheux pour le duc de Ventadour qu'il y avoit eu déjà une affaire entre le duc d'Aumont et lui devant le tribunal des maréchaux.