Ainsi le Roi ni personne n'ayant pu en venir à bout, Monseigneur vit présentement avec plus de tranquillité chez la comtesse du Roure. L'on n'en fait plus un mystère à la Cour, et les amours continueront de cette manière entre nos deux amants jusqu'à ce qu'il ait plu à Dieu de mettre le Dauphin sur le trône, et le rendre maître absolu de ses volontés. C'est pour lors qu'on verra un grand changement à la Cour, que le vieux sérail sera fermé et la vieille sultane reléguée; les jeunes nymphes auront leur tour, et l'amour reprendra de nouvelles forces.

NOTES.

[149] Madame de Caylus ne s'exprime pas autrement: «Le Roi, dit-elle, instruit par sa propre expérience, et voulant prévenir les désordres que l'amour et l'exemple de Monseigneur causeroient infailliblement dans la chambre des filles, prit la résolution de la marier (il s'agit de mademoiselle de Rambures, aimée de Monseigneur).» (Souvenirs, coll. Michaud et Poujoulat; Paris, Didier, p. 497.)

[150] Voy. ci-dessus, note [147], p. [178].

[151] Madame du Roure étoit Marie-Anne-Louise de Caumont La Force, fille de Jacques-Nompar de Caumont, duc de La Force, et de Marie de Saint-Simon-Courtaumer. Elle avoit été fille d'honneur de madame la Dauphine. Elle épousa, le 8 mars 1688, Louis-Scipion III de Grimoard de Beauvoir, chevalier, comte du Roure, marquis de Grisac, capitaine de chevau-légers, lieutenant général pour le Roi en Languedoc. La mère de celui-ci étoit cette même mademoiselle d'Artigny que nous avons vue auprès de mademoiselle de La Vallière.

[152] Elle; il faut lire: sa mère. En effet, mariée d'abord avec le marquis de Langey (ou plutôt Langeais), elle se sépara de ce premier mari à la suite d'un scandaleux procès que nous avons rappelé ci-dessus, tome II, p. 436.

[153] Madame la Dauphine mourut le 20 avril 1690.

[154] Le comte du Roure fut tué à la bataille de Fleurus, le 1er juillet 1690.

[155] Voy. Saint-Simon.