[98] Il y a peu de numéros de la Gazette de France de cette époque où il ne soit parlé des incessantes incursions des Anglois sur nos côtes; mais nos nombreux corsaires leur faisoient bonne guerre, et ce que la Gazette enregistre surtout ce sont nos succès.—Voy. les notes suiv.
[99] Anne Hilarion de Constantin, comte de Tourville, célèbre par ses actions sur mer, fut fait lieutenant-général des armées du Roi et vice-amiral du Levant en 1689 (Gaz. de France). Souvent vainqueur des Anglois et des Hollandois, notamment en 1690 (Gazette du 27 juillet), il fut repoussé par les Anglois le 7 juin 1692. Maréchal de France en 1693, il mourut à Paris dans la nuit du 7 au 8 mai 1701.
[100] Gazette de France du 19 mars 1695: «On a eu avis de Livourne que les vaisseaux du Roy le Content et le Trident, commandez par le comte du Chalard et le sieur d'Aulnay, avoient esté attaquez par six vaisseaux de guerre anglois,» et contraints de se rendre après une résistance désespérée qui ne dura pas moins de deux jours.
Gazette du 2 juillet (Toulon, 19 juin) 1695.—«Les ennemis ne paroissent plus sur nos costes, et on a appris que leurs grands préparatifs et une flotte si nombreuse n'ont abouti jusqu'à présent qu'à transporter en sûreté quelques troupes en Catalogne.»
Gazette du 17 septembre (Marseille, 5 septembre) 1695.—«L'armée navale des alliez, après avoir jeté inutilement 2,500 bombes dans Palamos, partit le 27 du mois dernier et parut le 30 devant Toulon avec environ cent bastimens, parmy lesquels il y avoit 55 vaisseaux de guerre ou frégates.»—A Toulon, à la Ciotat, à Marseille et dans les autres ports de la côte, le maréchal de Tourville, en Provence le comte de Grignan prirent toutes les mesures nécessaires pour empêcher le débarquement des ennemis qui, fort heureusement, furent éloignés par une tempête.
[101] Voy. ci-dessus, p. 133, note [54].
[102] Il n'étoit point question, à cette époque, de taxer les filles de joie, mais de les retirer du vice. C'est alors, en effet, que Mme de Combé, hollandoise de nation, fonda le Bon Pasteur, qui, après des commencements modestes, fut définitivement établi en 1698. Voy. Delamare, Traité de la police, I, 530 et suiv.
[103] Ce qu'on reprochoit surtout à Pomponne c'étoit sa négligence; l'abbé Le Gendre dit qu'il «laissoit quelquefois des dépêches deux ou trois jours sans les ouvrir. On disoit encore qu'il faisoit part aux jansénistes de tous les secrets de l'Etat, qui étoient son conseil, et qu'il ne faisoit rien par lui-même.» Ce fut là la cause avouée de sa destitution, mais «la principale peut-être fut que son emploi faisoit envie à M. Colbert qui étoit bien aise de l'exercer sous le nom de son frère de Croissy, à qui il le fit tomber.» (Mém. de l'abbé Le Gendre, pp. 137-138.)—Voir les Mém. de Louis XIV, édit. Dreyss.
[104] Sur Harlay de Champvalon, archevêque de Paris, voy. la [table].
[105] Grande question que la question des siéges. Chez le Roi ou la Reine, les duchesses seules et les femmes d'ambassadeur avoient les honneurs du tabouret. Dans le monde, les femmes de qualité pouvoient avoir des fauteuils; mais une femme plus qualifiée, comme la duchesse de La Meilleraie, par exemple, lorsqu'elle étoit à Nantes dans le gouvernement de son mari, s'asseyoit volontiers sur le dossier de son fauteuil pour être plus élevée que les autres dames. On se rappelle la colère de la comtesse d'Escarbagnas contre Criquet, son laquais, qui, lorsqu'elle lui dit d'approcher un siége pour M. Thibaudier, apporte une chaise.—«Un pliant, petit animal,» lui dit-elle tout bas. M. Thibaudier n'est que conseiller. Voici un passage bien curieux tiré de Polyandre, histoire comique (1648), attribué à Ch. Sorel; il nous conduit au bal chez un riche financier: «... Force chaises et tabourets avoient esté mis partout. Les dames et les demoiselles les plus qualifiées estoient assises au premier rang, et il y avoit quelques femmes que la beauté et la jeunesse mettoient à l'égal des filles. Elles faisoient plus d'un demi cercle, qui laissoit de l'espace pour danser, et derrière il y avoit des dames plus âgées qui, par leurs ajustemens et leur contenance estudiée, témoignoient qu'elles prétendoient encore à la bonne mine et qu'elles ne pensoient point estre au rebut. Quelques hommes estoient assiz en confusion parmy elles, et vers la porte il y en avoit une grosse foule qui estoient debout. Les plus galands, refusans des chaises, quoy qu'ils fussent gens de condition, estendoient leurs manteaux par terre et s'alloient coucher aux pieds des belles dames, où ils se trouvoient encore trop honorez, et tantost les uns, tantost les autres estoient pris pour danser,» pp. 178-180.—Voy. l'Introduction à notre édition du Dict. des Prétieuses, de Somaize (Bibl. elzev.), et la préface de notre ouvrage Précieux et Précieuses, 1 vol. in-8o. Paris, Didier.—Voy. aussi dans les Mémoires de Louis XIV le refus d'une «chaire à dos» sollicitée par Monsieur, pour Madame, et les motifs de ce refus.