Guillaume Henri de Nassau, prince d'Orange, fils de Guillaume, prince d'Orange, et de Marie d'Angleterre, laquelle étoit fille de Charles Ier et de Henriette Marie de France, se distingua dans toutes les guerres dirigées contre la France. Battu en 1672 à Charleroy par le comte de Montal, en 1674 à Senef par le prince de Condé, à Cassel en 1677 par Monsieur, en 1678 près de Mons, en 1691 à Leuse, en 1692 à Steinkerque, en 1693 encore à Steinkerque, toujours par le maréchal de Luxembourg, il fut, à plusieurs reprises, forcé de lever des siéges entrepris contre nos armées. Il mourut le 19 mars 1703.

[148] Charles Henri, légitimé de Lorraine, prince de Vaudemont, né en février 1649, étoit fils de Charles IV de Lorraine et de Mme de Cantecroix, frère aîné de Mme de Lislebonne, dont il a été parlé ailleurs. Il avoit épousé, le 27 avril 1669, Anne-Elisabeth de Lorraine d'Elbeuf.

[149] Nous saisissons ici l'occasion de protester contre la prétendue influence que Mme de Maintenon auroit eue dans la conduite des affaires de l'État; sa situation auprès de Louis XIV, qui voulut toujours être maître absolu, auroit été impossible si elle eût voulu le diriger; les écrivains protestants eux-mêmes (Bulletin de la Société du protestantisme) reconnoissent aujourd'hui qu'elle n'eut aucune part à la révocation de l'Édit de Nantes, où l'on ne fit que codifier des édits et ordonnances dont beaucoup étoient antérieurs à son entrée à la Cour. Il suffit d'ailleurs de lire ses œuvres pour arriver à cette conviction d'abord qu'elle n'étoit pas bigotte, ensuite qu'elle étoit à peine assez catholique pour n'être pas protestante. En effet, elle conseilloit à ses jeunes élèves de Saint-Louis de soulager leur mère dans les soins du ménage plutôt que d'aller à la messe, excepté le dimanche; ce jour-là même, elle les dispensoit, lorsqu'elles seroient dans leurs familles, d'assister aux vêpres: ce qui n'est pas d'une bigotte;—elle n'admettoit ni le culte de la Vierge ni le culte des Saints: et ceci rappelle plutôt sa première éducation, toute protestante, que les leçons du couvent.

[Post-Scriptum.]—La feuille qui contient les premières pages de la pièce qui précède étoit tirée, lorsqu'un mot, qui nous avoit échappé dans le Journal de Dangeau, est venu nous apprendre qu'il existoit un abbé du Troncq, «neveu de Bontemps». La parenté de Mlle du Troncq avec Bontemps nous étoit ainsi révélée, et, bien que l'auteur du pamphlet soit le seul écrivain de l'époque qui ait parlé de la passion tardive du Roi pour cette jeune fille, nous y avons vu une preuve de plus qu'il étoit très-bien renseigné. L'amourette elle-même est peut-être fausse, peut-être vraie; en l'absence de renseignements qui confirment les dires du pamphlétaire, nous n'osons ni la nier ni l'affirmer; mais il est certain, et nos notes en font foi, que tous les détails groupés autour du sujet sont d'une rigoureuse exactitude.

FIN.


LE

TOMBEAU DES AMOURS

DE LOUIS LE GRAND

ET SES DERNIÈRES GALANTERIES.