Mme de Maintenon, après le retour du Maure.—Hé bien que fait le Prince? à quoi s'occupe-t-il?

Le Maure.—Madame, il est dans un salon, avec le gouverneur de Versailles et sa nièce.

Mme de Maintenon.—Hélas, mon enfant, ce n'est pas pour les beaux yeux de M. Bontemps que ce grand Monarque a tant de complaisance; il a une autre idée qui lui fait trouver ces moments agréables. Sexe inconstant et volage, qui n'aime que les nouveautés; vieux pécheur[62], est-ce encore à toi de sentir les appétits de la chair, qui es tout ruiné et rendu incapable de satisfaire une jeune coquette comme est la du Tron?

Le Maure.—Madame, je ne saurois qu'y faire; mais le Roi est de fort belle humeur.

Mme de Maintenon.—C'est ce qui me chagrine.—Maure, va dire à Sa Majesté que je viens de recevoir une lettre de l'armée du maréchal de Boufflers[63] qui se trouve fort embarrassé dans Namur à repousser les ennemis.

Le Maure.—Madame, je n'ose.

Mme de Maintenon.—Tu n'es qu'un animal; j'y vais moi-même.

Le Maure seul.—Allez-y si vous voulez, vieille médaille; le Roi se moquera de vous et aura raison.

ENTRETIEN IV.

Le Roi, Madame de Maintenon, et M. Bontemps.