Mme de Maintenon.—Rien de plus vrai, Monsieur, la feinte et la dissimulation sont les qualités les plus nécessaires aux courtisans.

M. Fagon.—Madame, je prends congé de vous; voici le Roi qui vient, je m'en vais au-devant.

Mme de Maintenon.—Adieu, Monsieur, n'oubliez pas de dire au Roi qu'il prenne soin de sa personne.

M. Fagon, prenant la main de Mme de Maintenon.—Je n'y manquerai pas, Madame, prenez du repos.

Mme de Maintenon.—Monsieur, avant que je vous quitte, tâtez un peu mon pouls.

M. Fagon, lui prenant le bras.—Il est un peu ému, mais ce ne sera rien; et si cela continue, mon chirurgien[89] vous saignera par la veine céphalique et basilique[90], ce qui vous guérira indubitablement; je vous laisse, Madame.

Mme de Maintenon.—Je suis votre servante, Monsieur.

ENTRETIEN IX.

Le Roi, et Monsieur Fagon.

Le Roi, en souriant.—Ah! Monsieur le médecin, comment vous portez-vous depuis avant-hier?