M. Fagon.—Fort bien, Sire, comme un homme qui est toujours prêt à servir Votre Majesté, avec la plus grande inclination du monde.
Le Roi, lui prenant la main.—Voilà qui est fort honnête, Monsieur, comptez aussi sur mon amitié.
M. Fagon.—Sire, Votre Majesté me fait plus d'honneur que je ne mérite.
Le Roi.—Monsieur, point de compliments, asseyez-vous ici. Quelles nouvelles m'apprendrez-vous?
M. Fagon.—Sire, je ne sais rien de nouveau, sinon, que je trouve un grand changement en Votre Majesté.
Le Roi, le regardant.—Eh! que trouvez-vous en moi de changé? est-ce à mon avantage ou à mon désavantage?
M. Fagon.—Non, Sire, c'est à votre avantage.
Le Roi, en riant.—Parlez donc, Monsieur le docteur, et vous expliquez; qu'est-ce que vous remarquez en moi?
M. Fagon.—Une abondance de santé, Sire, causée par une joie qui se répand sur toute votre personne royale.
Le Roi.—Bon, voilà qui va bien, Monsieur; je ne laisse pas cependant d'avoir du chagrin de toutes les pertes que je fais cette année de tous côtés.