[236] «Pendant mon séjour à Sedan, le duc de Bouillon me faisoit part de tous les avis qu'il avoit de Flandres, par lectres de madame la princesse d'Orange, sa tante; que tout y alloit fort mal; que le duc d'Alençon (d'Anjou) ruinoit ses affaires et ceulx de ses amis par mauvais conseils; que monsieur le prince, son mari, n'avoit rien gagné à travailler pour sa grandeur, sinon d'irriter d'avantage ses ennemis, qui recherchoient sa vie à toute oultrance et par déclaration et proposition publicque du prix et salaire d'un tel coup, dont elle craignoit quelque grand désastre, lequel il pleust à Dieu de destourner.» (Mémoires de La Huguerie, t. II, p. 205.)

[237] Les premières trames ourdies contre la vie de Guillaume de Nassau remontaient au début de l'année 1573. Toutes les tentatives, concertées dans l'ombre, pour l'assassiner avaient échoué. M. Gachard les fait connaître (Corresp. de Guillaume le Taciturne, t. VI, Préface, p. XXII à XXXI).—Guillaume disait (voir Apologie): «Il (Philippe II) promet vingt-cinq mil escuz à celuy qui me rendra entre ses cruelles mains, mort ou vif. Mais, ores qu'il n'en ait point fait de publication jusqu'à présent, pense-t-il que je sois ignorant combien de fois lui et les siens ont faict marché avecq les assassineurs et empoisonneurs pour m'oster la vie!»]

[238] Archives générales du royaume de Hollande. Recueil manuscrit, intitulé: Brieven van vorsten, regering personen, etc.

[239] Mme de Mornay, quoique malade, avait, avec une pieuse sollicitude, assisté Hubert Languet jusqu'à son dernier soupir. Sentant approcher l'heure suprême, il lui avait dit: «Qu'il n'avoit regret que de n'avoir pû revoir M. Duplessis, premier que mourir, auquel il eust laissé son cœur, s'il eust pû.... il l'adjura de requérir de luy, en luy disant adieu, de sa part, une chose: qu'au premier livre qu'il mettroit en lumière, il feist mention de leur amitié.» Ph. de Mornay, en ami fidèle, répondit, par la préface de la version latine de son Traité de la vérité de la religion chrétienne, au désir qu'avait exprimé Hubert Languet. Qu'il est beau, qu'il est touchant, l'aspect sous lequel se revèlent à nous ces deux cœurs de chrétiens, indissolublement unis l'un à l'autre dans la conviction que les saintes affections demeurent, par la grâce de Dieu, plus fortes que la mort!!

[240] Vie de Ph. de Mornay, Leyde, 1647, p. 59.—Les détails ci-dessus sont empruntés par le biographe aux Mémoires de Mme de Mornay.

[241] Ph. de Mornay a dit, en parlant de la communication que le prince avait faite à lui et à Hubert Languet: «Nous nous apercevions bien que rien ne lui touchoit tant le cœur que ce qui avoit été dit contre son mariage». (De Thou, Hist. univ., t. V, p. 613, note 1.)

[242] «Apologie de monseigneur le prince d'Orange, conte de Nassau, de Catzenellenbogen, Dietz, Vianden, etc., Burchgrave d'Anvers et viscomte de Besançon; baron de Breda, Diest, Grimberge, d'Arlon, Nozeroi, etc., seigneur de Chastel-Bellin, etc., lieutenant-général ès Païs-Bas, et gouverneur de Brabant, Hollande, Zélande, Utrecht et Frise, et admiral; contre le Ban et édict publié par le roi d'Espagne, par lequel il proscript ledict seigneur, dont apperra des calumnies et faulses accusations contenues en ladicte proscription.» (1 vol. in-8o, Bruxelles et Leipzig, 1858.)

[243] «Remonstrance de monseigneur le prince à messeigneurs les états généraux des Païs-Bas» (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 31 à 33).

[244] «Réponse de messieurs les états généraux» (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 33, 36).

[245] «Lettre de monseigneur le prince d'Orange envoiée aux rois et aultres potentats de la chrestienté.» Elle est datée de Delft, en Hollande, 4 février 1581 (édit. de 1858 de l'Apologie, avec pièces, p. 41 à 46).