»A Jolitens, deux cents florins.

»Aussy il se trouvera ung mémoire signé de ma main, d'aultres petites debtes, à quoy il plaira à monseigneur le prince de satisfaire, s'il advenoit que je n'y aie point donné ordre.

»Comme aussy, il plaira à monseigneur d'avoir esgard que j'ay bien employé sept mille florins de la rente de mes filles Elizabeth et Flandrine, dont le président Taffin a fait estat jusqu'à environ quatre mille. Et du reste, madame Tontorft a ung mémoire à quoy je les ay emploïé, qui est tout pour la nécessité de la maison ou extraordinaire, par le commandement de mondit seigneur, mon mari, que je supplie très humblement que le tout soit emploïé au proufit des enffans, soit en les deschargeant et satisfaisant aux deniers que j'ordonne par ce présent testament; à quoy en oultre, j'oblige la rente que monseigneur le duc de Montpensier, mon père, m'a accordée, en cas quy n'y seroit aultrement pourveu par mondit seigneur, mon mari, de la bonne voullonté duquel je m'asseure pour l'honneur, amitié et bon traitement que j'en ai tousjours resceu; mais quant à la rente viagère, j'entends qu'elle soit assignée sur la rente des quatrevingt mille livres que mondit seigneur mon père m'a assignée.

»Fait à Envers, ce 12 novembre 1581.
»Charlotte de Bourbon»

Un écrit du 13 novembre 1581 contient, en deux colonnes distinctes, ce qui suit[269]:

(De la main de la princesse.)(D'une main autre que celle de la princesse.)
«Mémoire des bagues et perles de Madame.
«Je lesse ladite bague venue de monsieur l'Electeur, à ma fille Loise de Nassau.»Premièrement une bague à pendre, que monsieur l'Electeur a donnée à Son Excellence, où il y a un grand ruby cabochon, et neuf moyens, deux grands neuf moyens, deux grands diamants et six petits, deux esmeraudes, trois grosses perles et quatre moyennes.
»Je lesse à madite fille Loise ledict miroer, venu de la royne mère du roy.»Un grand mirouer de cristal de roche, de la royne mère, qui est enchassé en or, avec deux diamants et six rubis, et le revers, d'un lapis gravé.
»Je luy lesse à ma dite fille Loise le collier venu de monsieur l'archiduc.»Ung collier de l'Archiduc, de huit diamants, cinq grand rubis, huit petits, et vingt perles, avec une croix de diamants.
»Je lesse à ma fille Elisabeth la bague à pendre qui m'a esté présentée par monsieur le conte de Lecestre.»Une bague à pendre que monsieur le conte de Lecestre dona à son Excellence au baptesme de mademoiselle Elisabeth, qui est faite en fasson de pigeon, garnie de plusieurs rubis et diamants.
»Je lesse à mademoiselle Charlotte de La Marck, ma niepce, ceste bague à pendre, où est mon pourtraict.»Une bague à pendre, faite en fasson de boiste, où il y a le portrait de Madame, garni de rubis à l'entour, et, par dessus, des diamants et des rubis.
»Je lesse cette bague à ma fille Brabantine.»Un petit oiseau couvert, les ailes et la queue de diamans, et un ruby fait en cœur au milieu, et quatre petites perles, venant de madame la comtesse de Schwartzenbourg.
»Je lesse cette bague à pendre à ma fille Caterine-Belgia de Nassau.»Une bague de ladite dame, d'un diamant, etc., etc.
»Je lesse cette bague faite en cœur à ma fille Flandrine de Nassau.»Un cœur et un crochet d'or garni de rubis et de diamans.
»Je lesse cette bague signifiant la victoire à ma fille Elisabeth de Nassau.»Une bague à pendre, signifiant la victoire, etc., etc.
»Je lesse cette bague d'une grande émeraude, à ma fille Loise de Nassau.»Une bague à pendre, etc.
»Je lesse ces bracelets à ma fille Caterine Belgia.»Une paire de bracelets d'or faicts à la fasson d'Espaigne, desquels mademoiselle Elisabeth se sert.
»Je lesse ces bracelets avec pied d'Ellan à ma fille Flandrine.»Une paire de bracelets d'or, avec pied d'Ellan, venant de monsieur l'Electeur.
»Je lesse ces bracelets à ma fille Brabantine.»Une paire de bracelets, etc., etc.
»Je lesse cette bague à madame de Sainte-Croix, ma sœur.»Une bague à mettre au doigt, d'une grande émeraude, venant de madame l'Électrice.
»Je lesse ceste bague à ma cousine madame du Paraclet.»Une autre bague, etc.
»Je lesse cette bague à ma fille Loyse de Nassau.»Une grande bague garnie d'un grand rubis et d'onze petits, venant de monsieur l'Electeur.
»Je lesse cette bague à madame la duchesse de Bouillon, ma sœur.»Une grande bague garnie de cinq grands diamans et quatorze petits, venant de madame l'Electrice.
»Je lesse cette bague à ma fille Elisabeth.»Une bague garnie, etc., venant de madame la comtesse de Nassau, la mère de Son Excellence.
»Je lesse cette bague à ma fille Loise de Nassau.»Une bague garnie de neuf diamants, venant de monsieur d'Oranges.
»Je lesse cette bague à monseigneur le prince, mon mari.»Une bague garnie d'une grande opalle et huit rubis.
»Je lesse cette bague à madame de Merre, ma sœur.»Une pointe de diamants.
»Je lesse la table de diamants à Marie Saincte-Aldegonde. Je lesse la table de rubis à Herlau, venant de Nort-Hollande.»Une table de diamants et une de rubis, venant de Nort-Hollande.
»Je lesse l'autre table de rubis à Horne.»Encore une table de rubis.
»Je lesse une bague d'un petit rubi et un diamant ensemble à mademoiselle de Venneray.»Une bague de ruby et un diamant.
»Je lesse la bague faite en rose à ma fille Elisabeth.»Une aultre faite en rose, de quatre diamants, et un ruby au milieu.
»Je lesse la table de diamants avec quatre rubis à [ma] fille Belgia.»Une table de diamants et quatre rubis à l'entour.
»Neuf cents perles rondes, enfilées, revenant à ma fille Loise de Nassau.
»Ung millier de plus petites perles rondes, à ma fille Elisabeth de Nassau.
»Le portrait de monsieur le duc Casimir garni de deux rubis et deux diamants, à ma fille Belgia de Nassau.
»Faict en Envers ce 13 novembre 1581.
»Charlotte de Bourbon.»

Un autre écrit, du 15 novembre, également en deux colonnes, contient ce qui suit[270]:

(De la main de la princesse.)(D'une main autre que celle de la princesse.)
«Mémoire de la vaisselle d'argent de Madame.
«Je lesse à ma fille Loise de Nassau toute la vaiselle que j'ai aporté de France, ormis le petit bassin rond qui est pour Cecile et Jacqueline, avec les quatre boîtes d'argent, servant sur ma toillette.»Douze grands platz et six moïens, dix-huit assiettes, quatre petites saucières, cadenas doré, avec une cuiller et une fourchette, deux grands bassins dorez par les bords, avec une esguière de mesme, un petit bassin rond, en sa cassolette.
»Je laisse à madite fille Loise de Nassau le rang de perles qui est sur la robe de velours noir.»Ce que dessus, Madame l'a apporté de France.
»La vaisselle de Breda, si j'ai un filz, je désire qu'elle luy demeure; aultrement, qu'elle soit partie à mes cinq filles et à l'enfant qu'il plaira à Dieu de me donner. Egalement je supplie très humblement monseigneur le prince l'avoir agréable; car je ne vouldrois rien entreprendre que soubz son bon plaisir.»Onze coupes dorées, etc. V. de Breda.
»Je donne et lesse à ma, fille Loise ce bassin et l'aiguière venant de l'abbé de Saint-Bernard.»Un bassin et une aiguière, etc.
»Je lesse à monseigneur le prince ce grand goblet, qui m'a esté donné par ceulx de Zellande pour le présant qui me fust promis, au Bril, à mes nopces, par messieurs les estats de Hollande.»Grand goblet, etc.
»Je lesse à ma fille Belgia la coupe couverte.»Coupe couverte, etc.
«A madame Tontorf je lesse le grand goblet couvert, venant de l'évesque d'Utrecht.»Grand goblet couvert, etc.
»A ma fille madamoiselle Marie de Nassau je lesse ceste coupe couverte, venant de ceulx de la ville de Lire.»Coupe couverte, etc.
»A ma fille Elisabeth de Nassau je lesse ceste coupe venant de ceulx d'Enchuysen.»Une coupe, etc.
»A ma fille madamoiselle Anne de Nassau je lesse cette coupe, venant de ceulx de la ville de Leevarden. »Une coupe, etc.
»De ces deux coupes dorées je lesse l'une à madame de Saincte-Aldegonde, et l'autre à madamoiselle de La Montaire.»Deux coupes dorées, etc.
»Ces deux bassins et esguières, l'une je lesse à ma fille Belgia et l'autre à ma fille Flandrine.»Deux bassins et aiguières, etc.
»A mon fils monsieur le comte Maurice je lesse ceste coupe venant de madame Astralle.»Une coupe, etc.
»A ma fille Elisabeth je lesse cest estuy venant de l'abbé de Tougerden.»Un estuy, etc.
»A mes filles Flandrine et Brabantine, à chacune six tasses blanches venant de ceulx de Tregoer.»Douze tasses, etc.
»D'aultant que ces six coupes venant de ceulx de la Vere ont esté présentées à monseigneur le prince aussy bien comme à moy, encore que mondit sieur mon mary m'a faict cest honneur de m'en accorder sa part, je lesse toutes fois en la disposition de mondit seigneur.»Six coupes, etc.
»Je lesse ceste coupe accoustrée d'agates à madame la comtesse de Schwartzenbourg, ma sœur.»Une coupe, etc.
»A mes filles Flandrine et Brabantine, à chacune, une de ces coupes-tasses que j'ay achetées en Zellande.»Deux coupes-tasses, etc.
»A madame de Jouerre, ma sœur, cette rose d'écaille de perle.»Une rose, etc.
»A monseigneur mon père je lesse ceste grande noix des Indes, et supplie très humblement monseigneur le prince de l'avoir agréable.»Noix des Indes, etc.
»Je lesse à ma fille Brabantine ce bassin et ceste aiguière, de quoy je me sers à la chambre.»Bassin et aiguière, etc.
»A madame Tontorf ceste grande escuelle avec les bords d'argent, la petite cassolette d'argent où il y a du parfum.»Ecuelle et cassolette, etc.
»Je laisse à madamoiselle de Senneton ceste petite noix des Indes.»Petite noix des Indes, etc.
»Je laisse à mes filles Loise et Elisabeth, à chacune deux flambeaux.»Quatre flambeaux, etc.»
»Faict à Envers ce 15 novembre 1581.
»Charlotte de Bourbon.»

Le 18 novembre 1581, la princesse rédigea un second testament qui, loin d'infirmer, soit celui du 12 novembre, soit les écrits des 13 et 15 du même mois, en maintint, au contraire, expressément les dispositions.

Voici le texte de ce second testament[271].