[163] Les frères du Roi comprirent peu le langage modéré et conciliant de Louis XVI. Ils n'admirent pas non plus les reproches que Louis XVI était en droit de leur adresser. Ils protestèrent de nouveau. Ce simple billet trouvé dans le secrétaire du Roi, après le 10 août, prouvera l'état de rébellion où s'entêtaient les chefs des émigrés voulant uniquement agir à leur guise: «Si l'on nous parle de ces gens-là, nous n'écouterons rien; si c'est de la vôtre, nous écouterons, mais nous irons notre chemin».

[164] Voir la Déclaration de Louis XVI (Recueil Feuillet de Conches, t. II). Il y énonçait les motifs de son départ et les critiques nombreuses qu'il avait à faire de la Constitution.

[165] Sous le titre: Un Paladin au XVIIIe siècle, le marquis d'Aragon a publié d'après des correspondances inédites une intéressante biographie de son grand-père maternel. Il est beaucoup question du prince de Nassau dans les Mémoires de Langeron. Voir aussi: M. Léonce Pingaud, les Français en Russie, et M. Albert Sorel, l'Europe et la Révolution française, t. II. Nous aurons l'occasion de parler de lui dans un chapitre postérieur ayant trait à la mission du marquis de Bombelles en Russie. Rentré dans la vie privée sous Paul Ier, le prince de Nassau-Siegen mourut obscurément en 1829.

[166] Papiers Gramont. Arch. de M. le duc de Lesparre. Tout un dossier sur l'organisation des gardes du corps.

[167] Voir fragments de Mémoires du marquis de Bouthillier; M. E. Daudet: Coblentz. Cf. Mémoires du comte Valentin Esterhazy.

[168] L'armée de Condé demande officiers et soldats. Le marquis de la Queuille fait par son ordre un appel à la noblesse pour qu'elle vienne constituer des corps réguliers. Les jeunes gentilshommes accourent «au poste assigné par l'honneur»; ils ont peur d'être blâmés pour arriver trop tard; chacun leur dit: vous n'arriverez pas à temps, vous serez déshonorés (Marcillac, Souvenirs; Bernard de la Frégeolières, Mémoires).

Quand le colonel convoque ses officiers pour prêter serment à la Constitution de 1791, ceux qui ont hésité jusqu'alors se révoltent contre un serment humiliant; ils partent le même jour. Un négociant de Marseille veut persuader à un jeune officier que l'émigration attirera des calamités sur lui, sa famille et son pays. «Je suis soldat, répond le jeune homme, les princes m'appellent, je n'ai pas à discuter, mais à obéir.» (Romain, Souvenirs.)

[169] Ernest Daudet, Coblentz, 130 et suivantes;—La Mission de Bigot de Sainte-Croix à Coblentz, par M. Bletry (inédit).

[170] Voir la lettre de Calonne à Suleau, dans Coblentz, Pièces justificatives.

[171] Forneron, t. I.—Souvenirs du comte de Neuilly.—E. Daudet: Coblentz.