PARIS
Collection A.-L. GUYOT
51, rue Monsieur-le-Prince, 51
TOUS DROITS RÉSERVÉS
VENGEANCES CORSES
LA VENDETTA
« Prima lex est ulcisci — La première loi du Corse est de se venger », dit un vieux distique anonyme attribué à Sénèque probablement à tort, mais en tous cas fort ancien. Un Corse du moyen âge auquel on ne saurait reprocher de ne pas aimer sa patrie dont il fut plus l’apologiste que l’historien (Petrus Cyrnæus) écrivait :
« Les Corses aiment les factions et ont soif de victoires ; avides de vengeance, s’ils ne peuvent l’obtenir ouvertement, ils emploient des embûches, la ruse et tous les modes d’artifices pour atteindre leur but. »
« Qu’il soit vivant, qu’il soit mort, redoute le Corse qui n’a pas satisfait sa vengeance », dit un proverbe italien du XVIIe siècle.
Et Stendhal :
« Ils ne songent qu’à deux choses : se venger de leur ennemi et aimer leur maîtresse. »
Ces quatre jugements portés en des siècles bien différents sur la caractéristique essentielle des mœurs corses serviront d’épigraphes aux pages qui vont suivre.