—Non. Je le leur ai demandé, mais elles ne m'ont pas répondu. La grande a l'air méchant.
La porte s'ouvrit; on appela Céleste. Je crus qu'on venait me chercher; je courus à la porte. On me remit un paquet et un morceau de papier; je lus:
«Ma chère Céleste, ne vous faites pas de chagrin; je vais aller voir votre mère. Je vous envoie un peigne, du savon, une serviette, un foulard. Je pars, mais je ne vous oublierai pas; je regrette bien d'être ce que je suis. Vous aurez bientôt de mes nouvelles.
«Thérèse.»
La nuit venait: on arrangea les matelas en lit de camp, par terre.
La mendiante fit un lit à part et me dit:
—C'est pour vous, celui-là.
Les deux nouvelles se mirent à se quereller.—C'étaient les deux sœurs.
—C'est ta faute, disait l'une, je t'avais dit de te méfier; mais il faut toujours que tu joues.
—Non, c'est pas ma faute, répondait la petite; la dame avait fait deux tours au bâton de la chaise avec les cordons de son sac; j'ai cru qu'il ne tenait pas. La chaise a remué; la vieille s'est réveillée. Je t'ai porté le sac; elle m'a laissé faire et elle nous a fait arrêter. Est-ce que c'est ma faute à moi!...