Cette menace l'intimida; elle se tourna vers sa sœur, et lui montrant le poing:
—C'est toi qui payeras pour les autres!
—Je sais bien, répondait la petite, tu veux me pincer; mais je n'irai pas près de toi.
Et elle se coucha sur mon lit.
Je restai là six jours et six nuits, sans une nouvelle, sans un mot; j'avais épuisé tout mon courage; je n'avais plus rien à me dire pour me consoler.
On m'avait définitivement abandonnée: j'allais aller dans une maison de correction.
Le lendemain, on vint nous chercher toutes les quatre. On nous dit de prendre toutes nos affaires, que nous quittions le dépôt.
Nous descendîmes dans le vestibule; on fit l'appel; nous étions onze.
—Les corrections d'abord, dit le gardien, et on nous fit sortir toutes les quatre.
Je vis une grande voiture, comme un omnibus, mais grillagée partout.