Il y avait à chaque cellule une grande fenêtre carrée, sans carreaux, avec une grille en treillage; cette fenêtre donnait sur le couloir. C'est dans ce couloir que l'on causait.
—Allez-vous-en donc, disait une voix; vous savez bien qu'il est défendu de parler aux insoumises. Si vous voulez faire un mois de plus, à votre aise.
Profond silence! Je ne me rendormis plus. On sonna une cloche. Ma porte s'ouvrit et une femme entra, chargée d'effets.
Elle me dit de me déshabiller, et me fit mettre les chemises de la maison. Il y avait écrit devant sur la poitrine: Prison de Saint-Lazare. Je mis la main dessous pour empêcher la chemise de toucher ma peau en cet endroit. Il me semblait que l'inscription allait s'imprimer sur mon corps.
—Étendez les bras que je vous essaye une robe.
Et elle me mit une espèce de sac en bure grise, un tablier bleu à mille raies, un bonnet de laine noire à trois pièces, sans dentelle, un fichu de coton à fleurs; n'ayant pas de sabots à mes pieds, elle me permit de garder mes souliers.
Je vis plusieurs têtes, coiffées comme moi, qui guettaient à la porte pour me voir. C'est toujours comme cela quand il arrive une nouvelle.
Une, plus hardie que les autres, poussa ma porte et me dit:
—Vous pouvez sortir, la cloche est sonnée; si vous voulez, je vais vous conduire au réfectoire.
—De l'ordre et en rang!