Elle me fit descendre les marches en me disant:
—Es-tu folle; si c'est comme cela que tu te distrais de tes idées noires, tu choisis bien!
Je voulus oublier ce que je venais de voir. Ce fut plus fort que moi.
—Quel sort! me disais-je. Si jeune! si jolie! mourir seule! sans qu'un parent, un ami, soit là pour rassembler vos restes! Mon Dieu! est-ce vous qui faites ainsi la part de chacun?
Je passai une nuit affreuse.
Une de nous vint à mourir; j'étais si triste que je changeais à vue d'œil.
Un jour, je me levai gaie, presque heureuse. Je dis à mon amie:
—Je ne sais ce qui va m'arriver; j'ai fait de beaux rêves.
—Tu es donc superstitieuse? fit Denise en riant.
—Tout ce que tu voudras. Mes rêves me trompent rarement.