—Je n'ai pas encore eu le temps: Vincent l'écrira demain.

—Non, lui dis-je, fais-la écrire par un autre, et surtout porte-la toi-même.

—Pourquoi donc?

—Je te le dirai plus tard.

Il y avait une heure que j'étais au parloir avec ma mère; c'est le temps qu'on a le droit de rester.

—N'oublie pas d'écrire; quand viendras-tu?

—Dans quelques jours; j'écrirai demain.

Elle m'embrassa si froidement, qu'en remontant les escaliers je me mis à pleurer, et je dis à Denise:

—Tu avais raison, je suis perdue; je ne sortirai jamais d'ici. Pauvre Thérèse! je l'accusais d'oubli. Il l'empêchait de voir ma mère et il gardait les lettres. Oh! cet homme me rendra méchante, haineuse; je me vengerai un jour ou l'autre.

Le temps passait lentement. Je faisais mille projets sur ce que je devais dire à ma mère.