—Si je lui dis tout, pensais-je, et qu'elle me croie, c'est bien; mais si elle ne me croit pas, elle me laissera ici. Non, il vaut mieux patienter. C'est devant lui que je dirai tout à maman. Il n'osera pas me démentir.
Huit jours se passèrent ainsi. Ma mère revint; elle me dit qu'elle avait fait la demande, mais qu'on n'avait pas répondu.
L'inquiétude me reprit. Huit jours se passèrent encore. Ma mère m'annonça enfin qu'elle avait une réponse et que dans deux ou trois jours je serais libre.
En effet, le troisième jour, on vint dans ma cellule me dire de m'habiller, que je partais à deux heures.
—Mais je n'ai rien, m'écriai-je; on ne m'a pas rendu mes affaires. J'ai oublié d'en parler à ma mère. Aurai-je le temps d'envoyer d'ici chercher des vêtements?
—Non, me répondit la gardienne, pas d'ici, mais du dépôt où vous resterez jusqu'à demain. On vous laisse vos effets de correction, qu'on nous renverra demain par le panier.
Je fus à la cellule de Denise. Elle se mit à pleurer si fort que toute ma joie me quitta. Je l'embrassai, je lui fis toutes les promesses possibles. Elle fondait en larmes.
—Je te jure que j'irai te voir n'importe où.
Je passai mes deux dernières heures assise sur son lit. Je l'embrassai une dernière fois et je sortis.
J'étais au bout du grand corridor, que j'entendais encore ses sanglots.