—Je la garderai, si tu veux. Il est tard maintenant; il est presque sûr que je serai seule; j'en aurai bien soin; je sais ce que c'est que les enfants.

Cette proposition eut l'air de sourire à la Louise.

—Cela te va-t-il? dit-elle à G...

—Oui, pourvu qu'elle ne la laisse pas sortir.

—Sois tranquille. Elle a une fille qu'elle élève joliment, va! Allons, ma petite, dit-elle, en se tournant vers moi, tu vas rester avec Marguerite; ton père viendra te chercher demain.

Je me reculai. J'avais peur d'être touchée ou embrassée par cette créature.

Dès que la porte fut fermée, je dis à Marguerite:

—Ah! madame, vous allez me conduire près de maman, n'est-ce pas?

A ce moment, un grand bruit se fit entendre dans le coin où étaient les quatre personnes dont j'ai parlé plus haut. On se disait des injures; on était au moment de se battre. Marguerite m'emporta dans une chambre voisine et me dit:

—Maintenant, parle, mais parle bas, car ton père est à côté de nous; il n'y a qu'une cloison qui nous sépare.