Je n'avais pas le choix, j'acceptai avec reconnaissance.
Marie fut toute triste en apprenant le parti que j'avais pris.
—Tu vas me quitter? me disait-elle; adieu l'économie! dans un mois je n'aurai plus rien!
—Je te verrai tous les jours; nous sortirons ensemble; tu viendras dîner avec moi, si tu veux; mais, tu comprends bien, ma chère Marie, que je ne peux pas rester à perpétuité chez toi.
—Ça me désole, me disait-elle; quand tu seras partie, ma chambre va me sembler si triste! Je ne rentrerai plus.
—Tu ne feras pas cela, ma chère Marie; tu es jeune, jolie, mais tu ne seras pas toujours ainsi. Tu gâches tout sans penser à l'avenir: il faut te placer un peu d'argent.
—Ah! bah!... est-ce que je peux!... Quand j'ai de l'argent, c'est comme de la neige... j'ai beau fermer la main, il fond.
—Mais quand tu seras vieille, que feras-tu?
—Oh! me dit-elle en riant, je ne serai jamais vieille; je me tuerai jeune.
—On le dit, mais on ne le fait pas. Il faut bien du courage, et tu n'as que celui de dormir!