—Sois tranquille, répondit M. Mathieu à Pomerais, qui m'avait prise sur ses genoux pour m'embrasser, nous ferons bonne garde, et la petite ne s'ennuiera pas avec mon garçon.
—Allons, ma bonne Jeanne, du courage, disait Pomerais à ma mère, vous êtes chez de braves gens qui auront bien soin de vous et de votre fille. Nous nous reverrons bientôt. Que diable! ne pleurez pas. Bonsoir, ma petite Céleste, je viendrai te voir.
Je tenais toujours Pomerais par le pan de son habit; car j'avais, d'après moi, quelque chose de très-important à lui demander, et je n'avais pas encore osé. Enfin, je pris mon courage à deux mains, et je dis:
—Oui, venez me voir le plus tôt possible et ne manquez pas d'amener mon chien.
—C'est vrai, sans ton Mouton, tu ne pourras pas dormir, et tu vas faire enrager tout le monde. Mais il faut que je me sauve, ma femme serait inquiète.
La porte se ferma sur lui. Nous traversâmes la cour, M. Mathieu nous fit monter deux étages et nous dit:
—Voilà votre chambre, vous ne serez pas grandement, mais la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a.
Ma mère le remercia avec effusion.
—Vous êtes trop bon, monsieur, nous serons à merveille. Il nous faut bien peu de place; mais cela va vous gêner, et je suis honteuse de l'embarras que je vous cause.
—Bah! de l'embarras, quand il s'agit de rendre service à une femme comme vous, à une belle enfant comme votre fille, et à Pomerais mon premier ami! C'est du plaisir que vous nous apportez. A demain; dormez bien; ma femme viendra vous éveiller. Adieu, petite!