Il ferma la porte et nous restâmes seules. J'étais fatiguée, et je m'endormis.

Quand je m'éveillai le lendemain matin, ma mère était levée: elle marchait tout doucement pour ne pas faire de bruit. Elle peignait ses cheveux; je n'en ai jamais vu à personne d'aussi beaux. Je regardai notre chambre; elle était très-gentille et très-propre. Autour de la fenêtre, qui donnait sur la cour, il y avait des fleurs grimpantes; le soleil passait au travers. Enfin cela me parut charmant. Je me sentis toute gaie.

—Oh! le gentil jardin, maman; c'est moi qui en aurai soin.

Ma mère vint m'embrasser.

—Tu es réveillée, tant mieux; on va venir nous chercher. Viens, que je t'habille.

Elle était si coquette pour moi, elle me mettait avec tant de goût, malgré la modestie de mes vêtements, que tout le monde me trouvait jolie.

En ce moment, on frappa tout doucement à la porte. Nous nous regardâmes sans bouger.

—Peut-on entrer? dit une voix douce.

—Oui, répondit ma mère.

La porte s'ouvrit, et une femme d'une trentaine d'années passa la tête.