Ma mère répondit:

—Vous savez bien que cela ne dépend pas de moi; elle ne voudrait pas quitter son magasin. Est-ce que j'ai jamais rien pu sur ce caractère?... Je l'enfermerais, qu'elle ne ferait qu'à sa tête. Je n'ose plus lui dire un mot; elle me dit des choses si dures à cause de vous.

—Bah! bah! il y a toujours moyen de forcer une fille à rester chez sa mère, et je me charge de la surveiller. Je ne veux pas qu'elle tourne mal.

Ma mère dit à Vincent qu'il était fou; que, s'il avait l'air de s'occuper de moi, il me ferait sauver de la maison.

On parla encore de moi longtemps, toujours pour le même motif; mais, comme cela ne variait pas, je finis par m'endormir.

Mon grand-père avait été atteint d'une affreuse maladie qu'on appelle le scorbut. Il était allé à Fontainebleau, chez un de ses frères.

Se sentant bien malade, il écrivit à ma mère pour la prier de venir passer quelque temps près de lui. Ma mère partit en me recommandant le soin du ménage.

Je rentrais, comme à mon ordinaire, tous les soirs, M. Vincent rentrait très-tard.

Deux ou trois fois, je me réveillai en sursaut. Il était debout près de mon lit, sa lumière à la main.

—Que me voulez-vous? lui disais-je.