Le matin je fus bien étonnée, en me réveillant, de trouver cette femme près de moi.

Je me rappelai tout ce qui s'était passé, et je la remerciai de nouveau.

Elle me tint parole. Le matin, vers les dix heures, elle se rendit chez nous et revint me dire que ma mère n'était pas de retour.

—Ce sera donc pour demain, lui dis-je.

Elle me promit de me garder encore un jour ou deux, s'il le fallait.

Elle sortait le soir, et elle rentrait tard.

Il y avait trois jours que j'étais là. Je n'avais rien vu qui ne fût à voir.

Le troisième jour, sentant bien qu'elle ne pouvait plus me garder, elle me proposa de me conduire chez la belle-mère de maman, qui était sans doute restée à Paris pour tenir la maison meublée. J'y avais bien pensé, mais je n'avais pas osé y aller, dans la crainte de faire du tort à maman en disant ce qui s'était passé. Nous en étions peu éloignées lorsque deux hommes nous abordèrent.

—Comment vous appelez-vous? dit l'un d'eux.

Elle donna ses noms; mais elle était devenue si pâle que je crus qu'elle allait s'évanouir.