Je m'assis sans répondre. Je passai la nuit la plus affreuse qu'on puisse imaginer. Je cherchais à voir dans les ténèbres. Ma position était affreuse. Mes yeux, fatigués de ne rien distinguer, me brûlaient comme deux plaies.

J'eus des hallucinations si fortes, que je perdis la conscience de moi-même. Je pleurais et je prononçais des mots sans suite.

Quelqu'un m'attira, me prit la tête dans ses bras et me dit:

—Ne pleurez pas ainsi; demain on viendra vous réclamer. Vous avez sans doute des parents?

Je me laissai aller à ces caresses; je poussai un soupir et je me résignai à attendre le jour.

Que ce temps me parut long! Enfin, je vis à environ dix pieds de haut des raies noires se dessiner sur un bleu foncé. C'était une fenêtre de deux pieds et demi de large, sur dix-huit pouces de hauteur à peu près, garnie de barreaux de fer.

La pièce où je me trouvais était grande, quatre mètres carrés. Les murs peints à l'huile, d'une couleur claire, étaient couverts d'inscriptions faites à la pointe du couteau.

La chambre était traversée d'un tuyau de fonte servant au chauffage. Ce tuyau était à un pied du mur, au-dessous de l'ouverture qui servait de croisée. Un banc de bois composait le mobilier. Dans un coin une cruche d'eau, dans un autre, un baquet...

Le plus long temps qu'on pouvait rester au dépôt, ainsi que je l'ai su depuis, c'était huit jours.

On ne sortait pas de la chambre une seconde, et on y avait mis jusqu'à dix personnes à la fois.