Ma mère me conseillait aussi de quitter l'Hippodrome.

B..., qui, me sachant malade, avait oublié qu'il me boudait, m'engageait, de son côté, à en finir avec un métier aussi périlleux.

Je leur promis de cesser à la fin de la saison, si on ne me donnait pas d'augmentation.

Je fis d'abord quelques tours dans ma chambre, puis je descendis; je marchais, mais avec une vive douleur au genou; j'allai en voiture à l'Hippodrome; ma place était prise, on se souvenait à peine de moi.

Cela me mit dans une telle fureur, que j'exigeai que l'on me rendît mes costumes et mes chevaux pour la représentation suivante.

On avait beau me dire que je n'avais pas de force, je ne voulus rien entendre.

Quand je remontai dans mon char, raccommodé comme moi, j'eus une grande émotion; on m'applaudit beaucoup. Je perdis la tête et je m'arrêtai au second tour.

Cela faillit causer un nouvel accident; le char qui me suivait fut au moment de monter dans le mien. On criait:

—Arrêtez!

Angèle tira sur ses chevaux et les détourna adroitement. Une ligne de plus, et le timon allait me frapper entre les deux épaules; je n'avais pas vu le danger; j'étais calme, au pas.