Ma mère me consolait et me disait:

—N'ont-ils pas eu le feu?... C'est peut-être la gêne qui les rend ingrats.

Je ne voulais rien entendre; j'avais deux grosses peines et une affreuse inquiétude:

Je quittais mes chevaux, pour lesquels j'avais une vraie passion; je n'avais plus d'état et mes craintes allaient me reprendre.

Je renfonçai mes larmes, et je pris une voiture pour aller chercher mes affaires.

Jusqu'au dernier moment, j'espérais qu'on allait me retenir; mais rien, pas même un adieu poli.

Quel parti prendre? me consoler de cette nouvelle déception.

C'est ce que je fis, en jurant de ne jamais rentrer à l'Hippodrome comme écuyère.

Pour m'étourdir, je me remis à courir le monde. J'allais tantôt chez Lise, tantôt chez Lagie.

Je rencontrai plusieurs fois un petit monsieur blond, le teint coloré, se donnant un genre militaire, jurant, buvant, spirituel, rageur, querelleur, rarement poli. Il se nommait Deligny.