Ayant des bottines bleues boutonnées un peu justes, j'avais mis des bas de soie; probablement que ce n'était pas la mode du pays.

Joséphine se mit à crier:

—Ah! mon Dieu, madame!

Je crus que quelque chose me montait aux jambes, je relevai un peu plus. Ne voyant rien à terre, je me retournai; je vis derrière moi peut-être deux cents hommes habillés tous de même: pantalon et veste jaunâtres, chapeau à larges bords, comme nos forts de la Halle. Beaucoup étaient baissés et regardaient... sans doute mes bas.

Je baissai ma robe; je n'osais plus bouger de place. J'avais entendu dire qu'on avait enlevé des femmes dans des bateaux, puis, qu'après leur avoir tout pris, on les avait jetées à la mer. Heureusement une Hollandaise apparut avec ses plaques d'or, cela m'enhardit.

Les hommes qui m'avaient fait tant de peur se rangèrent pour nous laisser passer. J'avais crains une fin tragique!

«S'ils veulent me prendre, m'étais-je dit, je m'élancerai dans la mer.»

Quelques-uns me saluèrent; je rentrai en riant encore de ma peur. C'étaient des pêcheurs d'huîtres.

Le lendemain, il faisait une belle journée de gelée; le soleil était pâle, mais il égayait.

On me conseilla d'aller voir le parc; je mis une robe de velours noir, un manteau pareil, un chapeau de velours épinglé blanc avec des roses dessous, un voile, plutôt pour empêcher mon nez de rougir que pour me cacher. Ce parc était superbe; il y avait des cerfs, des chevreuils presque apprivoisés.